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BD SF : Petite Encyclopédie Bibliographique

Vendredi 24 novembre 2006

J'Onn J'Onzz : Détective de Mars


Pour nombre d’amateurs, le Silver Age de la bande dessinée étasunienne commencerait en novembre 1961 avec la parution du mythique n°1 de Fantastic Four. Tandis que pour les historiens du genre, le Golden Age de cette même bande dessinée coïnciderait plus ou moins avec les années 40, et se serait étiolé doucement au tout début des années cinquante – ainsi la dernière apparition de la Justice Society of America en 1951 sonnerait le glas de l’Age d’Or. 1951 d’une part, 1961 de l’autre : il faudrait donc en déduire que pendant dix années, rien ne se serait passé de très excitant outre-atlantique, au royaume de la BD…

Cette assertion semblera peut-être d’une certaine justesse aux aficionados des comics Marvel et/ou à ceux qui, en France, apprirent à lire dans ces merveilleuses publications que furent Fantask, Marvel ou Strange. Mais j’imagine, non sans une certaine satisfaction, la grimace dédaigneuse des vieux lecteurs de certaines publications Artima comme Sidéral, Aventures Fiction ou Big Boy qui précédèrent d’une décennie les titres des Editions Lug cités ci-avant.

Car si le Golden Age s’est sans doute achevé en 1951 – pour tout dire c’est même probable –, il s’est passé bien moins de dix années entre cette mort plus ou moins consensuelle et la naissance – nettement plus polémique quant à sa datation – de ce que l’on a nommé le Silver Age. Et n’en déplaise aux inconditionnels du formidable tandem Stan Lee / Jack Kirby, à l’origine d’une bonne partie du renouveau de la bande dessinée made in Marvel, ce fameux Silver Age est, pour l’essentiel, à porter au crédit de la National Comics Publications, ancêtre de la moderne DC.
Au cours de la première moitié des années cinquante, la National proposait six séries – personnages uniques, duos ou groupes de personnages – bénéficiant d’un immense succès : Superman et Batman paraissaient régulièrement dans au moins huit titres : Action Comics, Adventure Comics, Detective Comics, Batman, Superman, Superboy, World’s Finest et Superman’s Pal Jimmy Olsen – All Star Comics ayant cessé de paraître en mars 1951 ; The Blackhawks et Wonder Woman possédaient chacun leur propre support, même si cette dernière n’était plus aussi populaire que dans les années 40 où elle tenait la vedette dans deux titres additionnels, Sensation Comics disparu en mai 1952, et Comic Cavalcade disparu en juin 1954 avec son n°63 (mais Wonder Woman n’y était plus depuis le n°30 de janvier 1948) ; enfin Green Arrow et Aquaman, bien que ne bénéficiant pas à l’époque de leur propre comic book, figuraient très régulièrement en seconds récits dans les titres les plus populaires. Dans le même temps, la Marvel (Timely) s’enlisait dans des productions le plus souvent fort peu excitantes.

Certes, l’Age d’Or s’éloignait rapidement dans les mémoires des lecteurs – les anciens passaient à autre chose, les plus jeunes n’avaient pas connu le temps où les héros en costume s’étaient engagés contre les forces de l’axe germano-nippon. Mais la période n’en était pas pour autant dénuée de tout intérêt. En coulisses, il se préparait des choses fort séduisantes. Les super héros semblaient sur le point de revenir sur le devant de la scène, probablement bien aidés en cela par le succès d’un nouveau medium : la télévision qui diffusait sur tout le territoire une série extrêmement populaire d’aventures de Superman. Plusieurs éditeurs de comic books qui avaient abandonné les super-héros au profit des histoires de détectives, de jungle, d’horreur, d’humour, de voitures, de sports, etc., tentèrent de créer de nouvelles séries dans l’esprit du Golden Age. Pari au départ risqué – d’autant que le public fut un peu long à réagir.

Ainsi, la National présenta  dans le n°78 de Batman (9/1953) un nouveau personnage assez original, à la fois super-héros, détective et extra-terrestre : Ron Kar, the Manhunter from Mars. C’était un détective d’origine martienne, à la peau verdâtre (comme il se doit), venu sur Terre pour apporter sa contribution à la traque des délinquants. Un concept intéressant et novateur. En fait, il s’agissait d’un test et Ron Kar ne vécut que le temps d’une aventure, mais il annonçait le vrai Martian Manhunter. Au cours de l’hiver 1955, un certain J’Onn J’Onzz, alias John Jones, apparut dans Detective Comics. Il venait de Mars, il avait la peau verdâtre et il traquait les criminels. Mais à l’inverse de son prédécesseur Ron Kar, J’Onn J’Onzz connut une belle longévité.

J’Onn J’Onzz Manhunter from Mars

Quelque part sur Terre, le professeur Mark Erdel expérimente une machine dont il est l’inventeur : un cerveau robot (Robot Brain, dans le texte) supposé être l’ordinateur le plus puissant jamais réalisé. Erdel compte l’utiliser pour percer les mystères de l’univers. Hélas, l’expérience tourne court. A défaut d’explorer le cosmos, Robot Brain soustrait un habitant de Mars à son monde d’origine et le téléporte dans le laboratoire du savant.

Le visiteur involontaire, un certain J’Onn J’Onzz, prend plutôt bien la chose. Après avoir écouté poliment les explications de Erdel, il se contente de ce simple commentaire : « J’ai bien compris. Maintenant, si cela ne vous dérange pas, faites-moi repartir sur ma planète. ».

Hélas, la surprise a été telle pour le vieux savant – imaginez un colosse verdâtre de deux mètres qui apparaît au beau milieu de votre salon alors que vous êtes en train de tester le décodeur pirate que vous avez bricolé pour recevoir Canal Plus en clair – que son cœur n’y résiste pas.

Comme tout extraterrestre digne de ce nom qui se retrouve coincé sur Terre, le martien prend une identité secrète et se trouve bientôt un job de défenseur de la veuve et de l’orphelin. Smallville a déjà son Clark Kent journaliste – Middletown, Illinois, aura son John Jones inspecteur de police. Cet épisode de présentation du héros est publié dans Detective Comics 225, en 1955 – on peut le lire à moindre frais, réédité dans World’s Finest 226.

Coïncidence amusante, trois ans plus tôt, soit en 1952, un certain Isaac Asimov, alors auteur de science-fiction plus tout à fait débutant mais encore loin d’être devenu l’une des super-stars du genre, entame sous le pseudonyme de Paul French, la publication d’une série de romans destinés à la jeunesse, narrant les fabuleux exploits de David « Lucky » Starr. Or, le compagnon de Lucky Starr n’est autre qu’un adolescent sympathique et bagarreur d’origine martienne et dont le nom, le croirez-vous, n’est autre que John Jones !

Le succès des aventures de John Jones, le détective, est immédiat. Il faut dire qu’il tombait à pic, notre martien vert : en pleine vague de soucoupes volantes !

Difficile aujourd’hui de prendre la mesure de ce véritable phénomène de société que fut, au cours de la décennie d’après-guerre, la problématique OVNI. Une étude passionnante reste d’ailleurs à mener, non sur la nature du phénomène lui-même sur lequel tout et son contraire a été écrit, mais sur la manière avec laquelle il fut perçu, étudié, vécu de l’intérieur et au quotidien, par des milliers de personnes, certaines y ayant consacré toute leur vie. A l’évidence, le phénomène OVNI fut un des chocs qui a le plus profondément marqué l’Amérique au cours de la seconde moitié du vingtième siècle, un de ces événements aux répercussions planétaires comme la crise de 1929, la seconde guerre mondiale ou l’incroyable bouleversement politique, culturel et social des années soixante.

John Jones tombait donc à pic pour devenir le parfait super-héros de son temps ! Car le choc OVNI n’épargna évidemment pas les comicbooks.

Dans les années quatre-vingt, j’avais l’habitude d’acheter aux USA, par correspondance, des petits lots de comics anciens non triés, du vrac en état moyen mais à bas prix. Cela m’a permis de me constituer une collection intéressante, sans doute de peu de valeur marchande mais source de plaisir intense. Je me souviens en particulier d’un arrivage de comics de la période 1948/1958, non répertoriés comme relevant de la science-fiction ou des super-héros, mais contenant un nombre très élevé de récits mettant en scène des soucoupes volantes. Ainsi, l’histoire vedette du numéro 26, daté mars 1948, de Boy Commandos, un comicbook plutôt consacré aux aventures policières, était titrée Invasion from Out of Space – les soucoupes volantes y sont décrites comme étant des disques autopropulsés faisant le tour de la Terre à la manière de boomerangs, utilisés pour nous observer par des extraterrestres venus assécher notre planète et installés en secret dans une petit île. Dans le même lot, Adventures into the Unknown 13, daté octobre 1950, proposait une histoire sur le même thème « ils sont parmi nous » titrée Menace from Mars – dans cette histoire, un homme parvient à détourner une soucoupe volante martienne. Plus étonnant encore car intégré dans le quotidien de l’époque : dans Superman’s Pal Jimmy Olsen 18, daté février 1957, une absence de Superman est justifiée en une case, au détour d’une histoire sans le moindre rapport (le récit est centré sur un robot qui devance Jimmy Olsen et a le scoop avant lui), par le fait qu’il est occupé à étudier des météores plats et circulaires – Superman s’exclame : « Ha, ha ! So this is the Flock of Flying Saucers seen recently, that was preparing to Invade Earth ! They’re Merely Flat, Circular Meteors! The Authorities kept it secret from the Country, Fearing a Panic !”.

A quelle sauce n’a-t-on pas, en ces années-là, cuisiné les soucoupes volantes ?

Quelle ironie, dans ce contexte, de constater que le seul vrai martien habitant notre planète n’a eu besoin d’aucun subterfuge pour y arriver – et que, pour tout dire, il aimerait plutôt rentrer chez lui, en toute discrétion ! Extraterrestre comme son collègue Superman, il profite lui aussi de ce changement d’environnement planétaire. La Terre étant plus proche du soleil que Mars, John Jones se retrouve dotés de divers pouvoirs. Il possède une supra-vision – « This Time my Ability to See Through Solids is Paying Off » pense John Jones en apercevant un cambrioleur, dans Detective Comics 228 – , est capable de voler et peut arrêter des balles à super vitesse. Dans les premiers épisodes, il possède même des pouvoirs encore plus étonnants : il peut devenir invisible, est doué de précognition, peut influencee les pensées d’autrui, modifier les forme de son corps – par exemple en l’allongeant… il peut même jouer au passe-muraille comme dans l’épisode Escape to the Stars, publié dans Detective Comics 228 : commentaire : « The Man from Mars concentrates his Will – And a Moment later, The Impossible happens as.. » ; pensée du personnage : « This is the Best Way to Enter a Room when you’re on the Track of a Crook ! ». Le fait que ces super-pouvoirs aient rapidement disparu n’a jamais été expliqué. En fait, les scénaristes ont tout simplement cessé d’y faire appel, sans doute pour donner au personnage une dimension plus humaine tout en le différenciant de Superman.

Dernier point de ressemblance entre les deux héros : l’existence d’un sérieux talon d’Achille. J’Onn J’Onzz perd tous ses pouvoirs à proximité d’une flamme, détail gênant dans la mesure où le feu est tout de même un élément plus commun que la kryptonite.

John Jones ira d’aventure en aventure dans Detective Comics 225 à 326. Remplacé dans le n°327 par Elongated Man, il sautera sans interruption et toujours en back up feature, dans House of Mystery où il sera publié du 143 au 173 (daté juin 1964). Avait-il été jugé moins populaire et donc relégué dans un titre moins prestigieux, ou au contraire suffisamment populaire pour contribuer à un redressement des ventes par sa présence ? On ne sait. En tout cas, la popularité du personnage fut très grande – il eut même l’honneur d’inaugurer la formule du team-up, deux héros dans une aventure commune, dans The Brave and the Bold 50, en compagnie de Green Arrow.
Dernier mérite mais non le moindre du personnage : il fut l’un des co-fondateurs de la prestigieuse Justice League of America, moderne résurrection de la Justice Society du Golden Age. La JLA apparut pour la première fois dans The Brave and the Bold 28. Le succès est immédiat et, après avoir encore figuré dans les numéros 29 et 30, la fine équipe de super-héros obtient son propre comicbook en octobre 1960.

J’Onn J’Onzz participera activement aux premiers épisodes – il apparaît comme membre à part entière dans les numéros 1 à 23, 26 à 28, 33, 36, 40, 41, 44, 52, 59, 61 et enfin dans le numéro 71, daté mai 1969, pour un curieux épisode titré And so My World Ends ! qui, pour diverses raisons sur lesquelles nous reviendrons, n’appartient plus à la période classique du personnage mais participe à une seconde manière. Lorsque paraît cet épisode, J’Onn J’Onzz ne possède plus sa propre série depuis tout juste cinq ans – sa dernière apparition dans The House of Mystery remonte, comme précisé ci-avant, à juin 1964. Le personnage se contente d’une place au sein de la JLA – les beaux jours du Silver Age ne sont plus… On ne peut que regretter que le martien détective n’ait pas été confié à un artiste régulier de la trempe d’un Carmine Infantino, dessinateur de Adam Strange, ou à un scénariste talentueux et féru de science-fiction comme le regretté John Broome. Sa carrière en eut été probablement très différente.

Le Nouveau J’Onn J’Onzz

La seconde carrière du chasseur d’hommes de Mars débute, nous l’avons dit, dans le numéro 71, daté mai 1969, de Justice League of America, avec un épisode curieux, And so my World Ends !, du au scénariste Denis O’Neill.

Cet épisode apporte de nombreux renseignements sur l’origine du personnage.

J’Onn J’Onzz n’est plus seulement présenté comme un scientifique martien mais comme le Commandant en chef des Desert Dwellers, des martiens à peau verte en guerre contre le Peuple du Pôle à la peau blanche, mené par le Commander Blanx. Les deux peuplades se battent avec acharnement pour la possession de l’unique source de chaleur de la planète, une sorte de montagne énergétique en forme de sapin de Noël : la Blue Flame. J’Onn J’Onzz souhaite que cette énergie soit utilisée pour construire des vaisseaux spatiaux, alors que son rival Blanx ne pense qu’à se l’approprier à des fins personnelles – celles-ci ne sont pas clairement établies dans le premier épisode. Les deux hommes s’affrontent alors en un combat singulier dont l’issue déterminera la victoire d’un clan sur l’autre. J’Onn J’Onzz est vaincu par traîtrise et ses hommes, privés de leur chef, ne peuvent résister aux guerriers du Pôle. Plutôt que d’exécuter le perdant, avec le risque d’en faire un martyr, Blanx l’exile en un lieu désert pour une durée de treize années martiennes. C’est pendant la première année de son exil que J’Onn J’Onzz est capturé malgré lui par le Robot Brain du professeur Erdel.

Il aura donc fallu attendre quinze ans pour que les lecteurs terriens apprennent cela ! On sent bien, dans ce premier épisode, la volonté du scénariste de remodeler complètement le personnage en le plaçant en perspective d’un passé jusque-là ignoré, dans le but de l’entraîner dans un conflit interplanétaire. Un changement bien ambitieux pour ce qui n’était qu’une modeste série d’aventures policières.

Depuis son arrivée sur Terre en 1953, le temps est vite passé pour J’Onn J’Onzz, et l’équivalent de treize années martiennes s’étant écoulé, il décide de retourner sur sa planète – c’est d’ailleurs ce qui explique son absence de la Justice League of America pendant dix mois, entre les numéros 61 et 71. Le héros est en effet parvenu à se réexpédier sur Mars à l’aide du Robot Brain – mais il découvre un monde en ruines… Car des extraterrestres originaires d’une planète du système d’Antarès ont contacté l’infâme Blanx afin de négocier l’acquisition de Mars et de ses richesses minières, mais à condition que la planète soit livrée débarrassée de sa population. Utilisant un astronef fourni par les futurs acquéreurs, Blanx a bombardé l’arbre de la Blue Flame d’un rayonnement qui a eut pour conséquence fâcheuse de libérer d’un coup la mystérieuse source d’énergie : celle-ci est en train de tout détruire sur son passage.

J’Onn J’Onzz qui ne possède sur sa planète aucun pouvoir particulier est réduit à l’impuissance devant la catastrophe en cours. Faisant appel aux connaissances acquises lors de son séjour sur Terre, il entreprend de construire une arche stellaire pour procéder à l’évacuation des derniers survivants du peuple des déserts. Commence alors une implacable course contre la montre. Mais il apparaît bientôt que le vaisseau risque de ne pas être prêt à temps. J’Onn J’Onzz utilise alors le peu d’énergie qu’il reste dans le Robot Brain pour se téléporter une dernière fois sur Terre afin de demander l’aide de ses compagnons de la Justice League.

Hélas, mille fois hélas, celle-ci ne peut pas faire grand-chose devant l’étendue des dégâts. Mais pour tout dire, ce n’est pas très grave, en définitive, puisque les martiens ont réussi à terminer leur arche et ont évacué Mars pour une destination inconnue. Seul l’infâme Blanx est resté sur la planète par sa faute dévastée – et il mourra dans un ultime combat contre son rival.

J’Onn J’Onzz récupère alors le vaisseau d’Antarès utilisé par Blanx et, après avoir fait des adieux à ses copains de la JLA, il se lance sur les traces de l’Arche Stellaire dans l’espoir de retrouver son peuple. Fin de l’épisode…

En définitive, ce qui avait été présenté comme une renaissance du personnage, devant déboucher sur une nouvelle série, s’avère une sorte de chant du cygne. Car rien ne se passe au cours des mois suivants. Exit J’Onn J’Onzz.

Cela aurait pu, en effet. Et cela aurait sans doute mieux valu…

Il faudra attendre trois années pour que les fans du Manhunter retrouvent leur héros préféré. Encore qu’il soit possible de se demander si, dans ces années septante où la Marvel pulvérise par ses ventes l’empire DC, il reste des fans du Manhunter. J’Onn J’Onzz fait sa réapparition aux côtés de Superman, dans World’s Finest 212. On apprend qu’il a bien retrouvé l’Arche martienne en suivant une trace d’anti-matière ionisée (pratique !) jusque la planète Vonn, quatrième du système du Cygne. Une planète déserte – car ses habitants ont du l’abandonner pour échapper à la menace des Thythen et de leurs Robocharges, des androïdes énormes qui fonctionnent en absorbant l’énergie vitale des êtres vivants. En fait, les martiens ont été capturés par les Thythen pour recharger leurs robots. Mais en plus de leur énergie vitale, ce sont les esprits mêmes des martiens qui se retrouvent dans les Robocharges, ce qui leur permet d’en prendre le contrôle et de les retourner contre leurs maîtres. A noter qu’un Thythen ayant échappé au massacre sera finalement battu par Superman.

A nouveau trois années s’écoulent avant que les lecteurs n’aient la suite de cette histoire. Dans Justice League of America 115, daté janvier 1975, on apprend que les martiens installés sur Vonn sont désormais sous la coupe d’un colosse monstrueux, Korge, qui menace de les exterminer si la JLA ne relève pas le défi que celui-ci lui lance. J’Onn J’Onzz repart une fois encore sur Terre afin de convaincre ses vieux copains de venir combattre Korge. Comme prévu, Superman, Green Lantern, Atom et Flash, parviennent, en combinant leurs pouvoirs, à mettre une bonne correction à un Korge un peu trop sûr de lui. Avec cet épisode, on se demande si le personnage a encore quelque chose à apporter aux lecteurs ? Il continue pourtant d’apparaître de temps en temps, histoire de remplir quelques pages de l’un ou l’autre comicbook de chez DC, comme pour se rappeler au bon souvenir des vieux fans.

Deux années passent et la saga redémarre une fois de plus. Nous retrouvons J’Onn J’Onzz sur Vonn, rebaptisée Mars 2, pour une histoire longue et compliquée, avec traîtrise, coup de théâtre et retournement inattendu, faux assassinat politique et j’en passe, tout cela dans le but de faire retourner notre martien préféré sur Terre afin qu’il se batte contre la JLA. Cette histoire filandreuse débute dans Adventure Comics 449, se poursuit dans les numéros 450 et 451, et s’achève dans World’s Finest 245.

Est-ce enfin terminé ?

Non, après une nouvelle éclipse de trois années, J’Onn J’Onzz réapparaît en dernière page de JLA 177 ; quelques mois plus tard, on l’aperçoit dans DC Comics Present 27 ; il faut attendre 1983 pour lui voir jouer un rôle un peu plus consistant dans JLA 200…

Après ça, j’avoue avoir cessé de tenir les comptes des petites apparitions d’un personnage qui fut emblématique du Silver Age et que l’on aurait mieux fait de laisser disparaître tout doucement à la fin des années soixante…

                                                                                                                                                   Cousin Francis
                                                                                                                                           (24 novembre 2006)


PS : les amateurs curieux qui souhaiteraient faire plus ample connaissance avec ce personnage méconnu de la BD étasunienne sont invités à se procurer un charmant petit album qui reprend sept histoires complètes, dans leurs versions françaises telles que publiées dans les années cinquante, en noir et blanc, sous une couverture en couleurs. Comme pour toutes les amuseries fanéditoriales du Cousin, la fabrication est des plus artisanales et le tirage minusculissime. Pour recevoir ce délicieux objet, on envoie sous enveloppe discrète un billet de cinq euros ainsi que trois timbres poste à 0,54€ (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). A qui ? Mais au Cousin : Francis P. Valeri-Dostert, 3, Le Canton, 33620 Cubnezais. Tous ensemble : "Quelle Chic planète !"
Par Cousin Francis
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Jeudi 30 novembre 2006
Tommy Tomorrow

En 1946, la firme étasunienne DC lance un nouveau titre d’un genre particulier : Real Fact Comics propose en effet uniquement des BD à caractère didactique, illustrant en quelques planches un fait réel. En général, ce genre de matériel mi-rédactionnel et mi-graphique, genre « saviez-vous que ? », est utilisé par les éditeurs en bouche-trou – alors que Real Fact Comics en fait sa spécialité. Autant dire qu’il n’était guère évident d’y voir apparaître un héros de science-fiction promis à devenir un des piliers de l’univers DC, avec plus de cent cinquante aventures en dix-sept années de parution ininterrompue.

C’est pourtant dans la sixième livraison de ce comic-book que le jeune Tommy Tomorrow fait ses premiers pas – et quels pas puisqu’il s’agit rien moins que d’inviter les lecteurs à le suivre dans la première expédition marsienne ! Annoncée en couverture avec une illustration montrant un terrien déployant un drapeau étasunien sur un sol rocailleux, sur fond de Terre dans le ciel lointain (!), l’aventure se veut traitée de manière aussi réaliste et crédible que possible…

Après de brillantes études au Rocket College (il y est entré en 1954, nous précise-t-on), le jeune Tommy Tomorrow sort Major de sa promotion, ce qui lui vaut l’insigne honneur de piloter la première fusée à destination de Mars. Cet épisode fameux de la (future) conquête de l’espace se passe en 1960. Anticipation scientifique à court terme à sa parution, cette BD en quatre planches titrée « The Columbus of Space » a aujourd’hui, comme presque toute la SF de son temps, rejoint le grand catalogue des uchronies involontaires et autres récits des futurs auxquels nous n’avons pas eu droit. C’est la règle du jeu !

Le créateur de Tommy Tomorrow est un certain Bernie Breslauer, un écrivain dont l’œuvre est aujourd’hui un peu oubliée. A n’en pas douter, celui-ci était alors loin de se douter de la longévité du personnage dont le dessin fut confié, dans un premier temps, à Howard Sherman, vieux routier de la BD et co-créateur du Doctor Fate, puis à Virgil Finlay, plus célèbre pour son travail d’illustrateur de SF et de fantasy que pour ses rares incursions dans la bande dessinée. Mort Weisinger signe le scénario. Voulu comme un pur stéréotype, un simple pilote de fusée comme il y en aura plein dans l’avenir, Tommy Tomorrow exprime par son nom même le fait qu’il n’est qu’un homme de demain parmi d’autres.

Quelques mois plus tard, promu au grade de Colonel, il revient dans Real Fact Comics n°8, avec « Operation Luna » – il s’agit cette fois, toujours en quatre planches et de manière réaliste, d’aller sur la Lune afin de s’y procurer de l’uranium, un minerai indispensable et quasi épuisé sur la Terre. Coïncidence amusante, l’histoire est supposée se passer en 1969 – l’année même où, dans le vrai monde, l’homme posera les pieds pour la première fois sur la Lune. Paru dans Real Fact Comics n°13, le troisième voyage du Colonel Tomorrow l’emmène sur « The Planet of Peril », c’est-à-dire Vénus. Réalisée en cinq planches, l’aventure est cette fois située un demi-siècle dans le futur – ce qui la place en 1998 et fait du sémillant Tommy Tomorrow un sexagénaire, ce que ne traduit évidemment pas le graphisme ! A noter la couverture où l’on voit une sorte de ptérodactyle géant, aux ailes, aux griffes et à la gueule d’un rouge bien sanglant, qui s’en prend à un innocent ballon atmosphérique.

La quatrième et ultime apparition du héros dans Real Fact Comics (n°16) s’affranchit du cadre didactique habituel pour devenir un vrai récit d’aventure. Dans cet épisode situé en 1988, Tommy Tomorrow est désormais Colonel des Planeteers, une organisation chargée du maintien de l’ordre et du respect de la loi. Des super-flics du futur, en somme. Dans « The Comet Doom », le héros s’emploie à sauver le système solaire d’une comète errante.

Deux mois après cet exploit, la série devient régulière et est accueillie par le plus prestigieux des titres de l’éditeur : Action Comics, le magazine de Superman, le héros le plus populaire de tous les temps. Une sacrée promotion ! La couverture du n°127, daté décembre 1948, porte un bandeau qui annonce : « New Feature : Tommy Tomorrow of the Planeteers ! ».

C’est le début d’une saga impressionnante puisque la série sera présente en continu dans Action Comics, jusqu’au n°251 daté avril 1959 – soit dans 125 numéros !

Le nouveau Tommy Tomorrow évolue au milieu du 21ème siècle – ses aventures se passent dans la pratique cent ans après la date de parution. Toujours colonel dans le prestigieux corps des Planeteers – et le plus fameux d’entre eux – il a pour assistant le Captain Brent Wood. Impeccables l’un comme l’autre dans leur bel uniforme, les deux hommes sillonnent l’espace dans le Ace of Space, leur patrouilleur biplace, capturant inlassablement force pirates et autres renégats, maîtrisant toutes sortes de créatures rivalisant en monstruosité, sauvant la Terre lorsque ce n’est pas tout l’univers de périls indescriptibles. A l’occasion, Tommy et Brent travaillent aussi pour le Space Lost and Found Department. La routine du héros des temps futurs, en somme. L’écrivain et scénariste Otto Binder signe l’essentiel des scénarios des 125 épisodes qui paraissent dans Action Comics, sur des dessins de Curt Swan (n°127 à 171) puis Jim Mooney (n°172 à 251). Les trente-cinq premiers épisodes font huit pages, les suivants seulement six et les deux derniers sept.

L’arrivée de Supergirl dans Action Comics oblige Tommy Tomorrow à émigrer dans World’s Finest Comics à partir du n°102, daté juin 1959 ? Il y vivra 23 nouvelles aventures, la dernière dans le n°124 daté mars 1962. Au cours du transfert, la série conserve son dessinateur mais perd son scénariste.

En ce début des années soixante, DC a entrepris de ressusciter ses principaux héros du Golden Age (The Atom, Flash, Green Lantern…) : des nouvelles versions sont testées dans Showcase, avant de bénéficier, en cas de succès, de titres à leur nom. Le même comic-book sert également de vitrine – comme son nom l’indique – à de nouveaux héros, le plus remarquable étant Adam Strange. L’éditeur se sert également de Showcase pour doter des personnages anciens d’une nouvelle jeunesse – comme Aquaman. Décision est donc prise de consacrer plusieurs numéros de Showcase à Tommy Tomorrow, dans l’espoir que le personnage séduise un nouveau lectorat afin de pouvoir bénéficier de son propre titre.

Dans cette nouvelle version, le personnage est étudiant à la Planeteer Academy : la « West Point du Système Solaire ». Son éternel acolyte Brent Wood a cédé la place à un vénusien. Le dessin est de Lee Elias et les scénarios de Arnold Drake. Les trouvailles ne manquent pas, tel ce dôme sous lequel sont simulés les environnements de diverses planètes, afin que les étudiants s’entraînent dans des conditions aussi proches que possible de la réalité – l’idée est assez moderne. Hélas, le succès escompté n’est pas au rendez-vous.

Force en effet est de constater que le personnage reste bien trop ancré dans une certaine SF typique des années cinquante. Tommy Tomorrow est le Space Cadet par excellence, un teenager du vingt-et-unième siècle brillant et courageux, vivant dans le rêve futuriste de jeunes lecteurs des années cinquante. Il aura d’ailleurs précédé et annoncé des séries TV comme Tom Corbett Space Cadet ou The Space Patrol qui explosent au cours des années cinquante. Incapable de rivaliser avec les héros du petit écran sur leur propre et même terrain, par ailleurs en complet décalage avec la nouvelle bande dessinée en émergence, impuissant en somme à participer au principe de modernité qui habitera les années soixante, Tommy Tomorrow tire sa révérence après cinq aventures, la dernière dans le numéro 47 de Showcase, daté novembre/décembre 1963.

Par la suite, le personnage a été rattaché à d’autres héros de l’univers DC tels OMAC – connu pour avoir consacré son existence à tenter d’empêcher l’avènement d’un cataclysme, The Great Disaster, à la fin du vingt-et-unième siècle – ou encore Kamandi, le dernier humain survivant, sous la plume de Jack Kirby, sur une Terre aux mains, si l’on peut dire, d’animaux mutants anthropomorphes. Tommy Tomorrow, de son véritable nom Kamandi Blank, petit-fils de Buddy Blank (alias OMAC), aurait été trouvé dans le Bunker D du Quartier Général des Space Planeteers, par le Général Horacio Tomorrow. Baptisé Thomas, le garçon se serait révélé à la fois d’une grande intelligence et d’une insatiable curiosité scientifique. Devenu adulte, il aurait donc intégré à son tour les Planeteers et serait devenu le héros que l’on sait. Hum… Cette nouvelle version de l’origine du héros, inutile de le dire, n’a guère convaincu les vieux fans !

Enfin et pour être tout à fait complet, on signalera la présence de Tommy Tomorrow aux côtés d’autres héros de l’espace du même éditeur, dans Twilight, une mini-série en trois parties, dessinée par Howard Chaykin et parue en 1990. Notre héros paraît cette fois ne pas s’en être remis…

                                                                                                                                                 Cousin Francis


PS : les amateurs curieux qui souhaiteraient faire plus ample connaissance avec ce personnage méconnu de la BD étasunienne sont invités à se procurer un charmant petit album qui reprend sept histoires complètes, dans leurs versions françaises telles que publiées dans les années cinquante, en noir et blanc. Comme pour toutes les amuseries fanéditoriales du Cousin, la fabrication est des plus artisanales et le tirage minusculissime. Pour recevoir ce délicieux objet, on envoie sous enveloppe discrète un billet de cinq euros ainsi que trois timbres poste à 0,54€ (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). A qui ? Mais au Cousin : Francis P. Valeri-Dostert, 3, Le Canton, 33620 Cubnezais. Tous ensemble : "Quelle Chic planète !"
Par Cousin Francis
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Mardi 5 décembre 2006
    Alpha Centauri est le système solaire le plus proche de la Terre. C’est un système triple – plus précisément il est constitué d’une étoile double, α Centauri A et α Centauri B, et d’une naine rouge, Proxima Centauri, qui lui est liée gravitationnellement.
    Située à seulement 4,22 années-lumière, Proxima Centauri est l’étoile la plus proche de la Terre. Avec une magnitude apparente moyenne de 11, elle est invisible à l’œil nu. Il s’agit d’une petite étoile de spectre M5, d’une masse de 0.12 fois celle du soleil, et sa magnitude absolue est de 15,4 – ce qui signifie qu’elle est 13.000 fois moins lumineuse que le soleil.
    Alpha Centauri est beaucoup plus intéressante. Sa composante A est une toile de spectre G2, de magnitude apparente –0,01. Sa masse et son rayon sont respectivement 1,1 et 1,06 fois ceux du soleil et sa magnitude absolue est de 4,34 ce qui correspond à une luminosité d’à peine plus d’une fois et demi celle du soleil. On l’aura compris : Alpha Cantauri A est quasiment une étoile jumelle de la nôtre ! La composante B a une magnitude apparente un peu plus faible : 1,35. C’est une étoile au spectre de type K1. Sa masse et son rayon sont 0,99 et 0,87 fois ceux du soleil. L’écart entre les composantes est de seulement 15’’.
    Distant de la Terre de 4,36 années-lumière, le système double a une magnitude apparente de –0,1 ce qui fait de Alpha Centauri la troisième étoile la plus brillante du ciel, après Sirius et Canopus.
    Alpha Centauri est également connue sous les noms de Toliman et de Rigil Kentarus – qui signifie en arabe “ le pied du Centaure ”.

    Ce qui précède est ce que nous apprend la science. En résumé : la principale composante du système stellaire le plus proche de la Terre est une étoile pour ainsi dire jumelle de notre soleil ! Voilà une information qui ne pouvait laisser indifférent les écrivains de Science-Fiction. Le pas fut donc bientôt franchi, qui consistait à extrapoler : une étoile jumelle a toutes les chances de posséder un système planétaire comparable à celui de notre soleil, et donc une planète ressemblant à la Terre…

    De fait, cette planète s’appelle Rann et sa capitale est Ranagar. Elle est située à exactement la même distance de son soleil – Alpha Centauri A – que la Terre du sien. Elle appartient à un système planète ressemblant au nôtre – la plus proche planète de Rann s’appelle d’ailleurs Anthorann.
    Evidemment, Rann est peuplée d’individus ressemblant en tout points aux humains, si ce n’est qu’ils sont nettement plus évolués sur le plan technologique.

    Dans le courant de l’année 1954, Sardath, un célèbre scientifique de Ranagar, tente d’attirer l’attention d’une éventuelle civilisation sur Terre. Il commence à émettre un rayon éclairant à destination de notre planète, dans l’espoir qu’il sera capté et suscitera une réponse. Mais en cours de route, une radiation spatiale inconnue convertit ce simple rayon éclairant en un rayon véhiculaire baptisé Rayon Zéta.
    Courant 1958 : Adam Strange se trouve sur le plateau péruvien, dans la Cordillère des Andes. Il est à la recherche de la légendaire cité de Caramanga où se trouverait, dissimulée depuis des siècles, la fabuleuse rançon de l’empereur inca Athahualpa, capturé par Pizarro. De fait, Adam Strange découvre le trésor – et se retrouve immédiatement pris en chasse par ses gardiens. Alors qu’il plonge dans le vide du haut d’une falaise, pour échapper à une pluie de flèches et de lances, Adam Strange est soudain capturé par un étrange rayonnement. Après un bref instant de froid intense et d’obscurité, il se retrouve sur un monde étrange…
    Présentée dans Showcase 17 (décembre 1958), ainsi débute la première aventure d’Adam Strange, sur un scénario de Gardner Fox et dessinée par Mike Sekowsky.
    Une fois sa mission accomplie – sauver l’univers ou peu s’en faut – Adam Strange, alors qu’il allait pouvoir conter fleurette avec la belle Alanna, fille de Sardath, commence à se dissoudre… et se retrouve sur Terre, pour cause d’épuisement de la charge d’énergie emmagasinée par son corps au moment où il fut frappé le Rayon Zéta. Mais bonne nouvelle : au cours des années précédentes, Sardath a émis à de nombreuses reprises son rayon éclairant – et celui-ci s’est transformé chaque fois en rayon véhiculaire. Adam Strange n’a donc plus qu’à calculer le lieu et la date du prochain impact sur Terre du Rayon Zéta, et à se débrouiller pour être au bon endroit et au bon moment, afin d’être télétransporté sur Rann pour retrouver, le temps d’une nouvelle aventure, la belle Alanna.
    Mais c’est une vraie malédiction, car la charge énergétique s’épuise systématiquement à l’instant du baiser final et Adam Strange, frustré comme on le devine mais bien décidé à ne pas en rester là, se retrouve sur Terre.

    Dessinées par Mike Sekowsky, les aventures d’Adam Strange vont paraître dans trois numéros consécutifs de Showcase – un comic-book DC spécialisé dans la présentation de nouveaux personnages, dans le but de les tester auprès du public. Les réactions des lecteurs furent assez positives pour que la série continue – mais pas assez pour qu’elle bénéficie de son propre titre ; aussi Adam Strange, après quelques mois d’interruption, se retrouva-t-il dans Mystery in Space à partir du n°53 (8.1959) dont il restera la série vedette pendant six ans. Le scénariste est toujours Gardner Fox mais le personnage est confié à un autre dessinateur : Carmine Infantino. Pour beaucoup d’amateurs, Infantino est l’un des plus grands dessinateurs ayant œuvré pour DC, dont il deviendra d’ailleurs directeur asrtistique. De fait, sa version d’Adam Strange – 39 épisodes entre 1959 et 1964 – constitue l’une des séries de SF les plus fascinantes de l’époque. Lee Elias reprendra le personnage, pour 10 épisodes en 1964/65 et enfin Gil Kane, qui avait déjà signé quelques couvertures, en particulier la première pour Showcase, réalisera un épisode inédit en 1970, au sein d’une série de rééditions dans Strange Adventures.
    Adam Strange deviendra par la suite un personnage récurrent dans d’autres séries de l’éditeur, dont la Justice League of America ; il connaîtra une résurrection en 1990 sous la plume de Richard Bruning et les pinceaux de Andy et Adam Kubert – mais c’est là une toute autre histoire…

    Les aventures d’Adam Strange ont été publiées chez Artima dès 1959, pour l’essentiel dans Sidéral, dans une version non remontée simplement réduite, avec un décalage de seulement quelques mois par rapport à la publication originale. En 1971, il bénéficia d’une publication au format original et en couleurs.

    Les nombreuses séries et innombrables récits complets de SF publiés par DC au cours de la décennie 1955/1965, constituent pour beaucoup un sommet absolu dans l’histoire de la bande dessinée de science-fiction, seulement comparable à celui atteint – avec une esthétique résolument différente – par la firme EC. Mais alors que les EC sont rapidement devenus un objet de culte et ont fait l’objet de luxueuses rééditions intégrales et de traductions sous forme d’albums, la production DC est restée confinée dans le ghetto des publications populaires, fragiles et se raréfiant avec le temps.

                                                                                                               Cousin Francis


    PS : Les Cousins et Citoyens qui aimeraient lire à bon compte les toutes premières aventures du sémillant Adam Strange, telles que dessinées par le splendide Carmine Infantino, seront heureux d'apprendre que l'incorrigible Cousin, loué soit-il, a de ses petites mains scanné, retouché, maquetté, imprimé puis relié celles-ci, sous la forme d'un bel album en gand format, avec un dos de toile (ouaouh!) à un nombre minusculissime d'exemplaires. On se procure cet objet délicieux en envoyant au cousin un billet de 10€ accompagné de quatre timbres poste tarif lettre - le Cousin n'aime pas faire simple. Il n'y en aura pas pour tout le monde - mais la vie est ainsi faite. On trouve l'adresse postale du Cousin en allant voir à l'article titré Blificc, dans ce même blog. On ne va pas tout vous dire, tout de même.
Par Cousin Francis
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Mercredi 13 décembre 2006
    Parce qu’il est très admiratif des aventures de Buck Rogers dans le lointain futur, dessinées par Dick Calkins, Vince T. Hamlin, reporter, photographe et illustrateur de presse, a l’idée de créer une bande dessinée qui, au contraire, se situerait dans un lointain passé. Avec humour et en référence au Stone Age (l’Age de Pierre), il baptise celui-ci The Bone Age : l’Age de l’Os ! Assurément, il s’agit d’un territoire qui, à l’époque, n’a encore été défriché par aucun dessinateur.

    Contrairement à ce que la paléontologie affirme, Hamlin décide qu’il fut un temps où les derniers dinosaures et les premiers humains se partageaient le monde. Cette époque, absente des documents officiels, pourrait être baptisée le Cartoonozoic Age – et il se pourrait bien qu’elle empiète, à l’occasion, sur nos temps modernes. Preuves en sont les nombreuses rencontres avérées entre humains et dinosauriens dans ces mondes perdus et géographiquement retrouvés qui foisonnent dans la littérature, la bande dessinée et le cinéma populaires – aussi bien que celles résultant du retour des dinosaures parmi nous, façon Jurassic Park ou Xenozoic Tales.

    Vince T. Hamlin est l’inventeur à la fois du Cartoonozoic Age et du premier cartoonosaurus : un certain Dinny, croisement improbable entre un stégosaure, un diplodocus, Rin-Tin-Tin et Lassie chien fidèle.

    Le personnage central de la série est un certain Alley Oop, un homme préhistorique comme on se l’imaginait à l’époque, avec une musculature inversement proportionnelle à son développement cérébral : une armoire à glace dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle manque parfois de vivacité et de souplesse intellectuelles, et qui finit en général par résoudre les problèmes avec son gourdin. Alley Oop vit au Royaume de Moo, voisin de celui de Lem – pour la petite histoire, ces noms sont inspirés par un succès de librairie de l’époque, The Lost Continent of Mu, par James Churchward, dans lequel l’auteur se lance sur les traces du continent Mu et la Lémurie.

    Tout un petit monde évolue autour de Alley Oop : Ooola, sa belle et brune fiancée, Foozy qui parle en vers, le Roi Guzzle (Guz) et sa femme Umpateedle (Umpa), leur fille Wootiefoot qui est un peu simple d’esprit, The Grand Wizer, le sorcier de la tribu avec sa coiffe de corbeau. Les relations entre ces personnages ne sont pas toujours faciles : Guz, pourtant débonnaire et pacifique, voit en Alley Oop un rival potentiel et le sorcier, on s’en doute, ne fait rien pour arranger les choses.

    Si Alley Oop est rapidement devenu l’homme des cavernes le plus populaire et le plus connu de toute la culture étasunienne, avec une diffusion à sa grande époque dans plus de 800 quotidiens à travers le pays, la création de la série ne fut pas chose aisée. En 1929, Hamlin travaille sur une première version : les aventures d’une famille moderne vivant à l’âge des cavernes. L’année suivante, son projet se modifie en Oop the Mighty : il s’agit cette fois de mettre en scène un homme des cavernes contemporain des dinosaures ; Hamlin creuse l’idée pendant un an pour finalement détruire toutes les esquisses.

    En 1931, il reprend le personnage précédent qu’il rebaptise Alley Oop, et le situe dans un pays appelé Moo. Hamlin dessine quelques strips et les propose à un diffuseur qui les refuse. Il faut attendre 1932 pour que Bonnett-Brown Syndicate accepte de diffuser la série, à raison de deux strips par semaine – une trentaine de journaux sont intéressés. Mais l’année suivante, le diffuseur fait faillite. NEA contacte alors Hamlin qui signe pour une poursuite de la bande, cette fois à raison de six strips par semaine. Perfectionniste, Hamlin redessine tout depuis le début et Alley Oop, dans la forme qu’on lui connaît, commence à paraître le 7 août 1933 sous forme d’un strip quotidien, puis à partir du 9 septembre 1934 de planches du dimanche.

    Pendant presque six ans, la série est confinée dans une préhistoire alternative où le héros se promène à dos de dinosaure. Elle en sort brusquement le 7 avril 1939 pour basculer résolument dans la science-fiction – pour autant que le genre préhistorique, que son traitement se veuille sérieux (J.H. Rosny) ou burlesque, ne soit pas déjà en soi une branche de la SF…  Ce jour là, Alley Oop et sa fiancée Ooola tombent fortuitement sur une caméra envoyée dans le passé pour filmer celui-ci, et qui fait partie d’un mécanisme à remonter le temps ; s’étant saisis de la caméra au moment où elle est rapatriée dans le présent, ils sont « capturés » par la machine et se retrouvent au vingtième siècle ! Pour eux, c’est le début d’une aventure à travers le temps et l’espace qui les occupera pendant les 31 années suivantes. Quittant le Cartoonozoic Age, Alley Oop devient le héros d’un véritable comic opera qui se joue désormais sur la scène de l’histoire humaine des deux derniers millénaires.

    La machine explosant juste après l’arrivée des deux voyageurs du temps involontaires, Alley Oop et Ooola prennent le temps de faire connaissance avec leurs ravisseurs : le Professeur Elbert Wonmug, un inventeur pour qui l’impossible n’existe pas et que donc rien n’arrête, et son assistant Amos Bronson, un anthropologue, à l’inverse de Wonmug, parfaitement "raisonnable" – pour certains commentateurs, le Docteur Bronson serait même le seul personnage à peu près normal de la BD. Il est vrai que, confronté à toutes ces choses mystérieuses qui encombrent le vingtième siècle, Alley Oop ne réagit pas à proprement parler de manière mesurée…

    Les lecteurs comme le diffuseur de la série commencent par manifester leur surprise de la voir à ce point chamboulée : finies les aventures préhistoriques décalées et farfelues, place à un humour basé sur la confrontation entre des niveaux de civilisation et les incompréhensions qui en découlent, puis, dès lors que la remise en état du chronoscaphe le permet, sur la rencontre entre Alley Oop et des personnages historiques (ou pseudo-historiques). Effectivement, ça change ! Mais le public adhère rapidement car le personnage prend une nouvelle dimension. En forçant le trait, V. T. Hamlin révèle d’ailleurs involontairement ses sources d’inspirations, ou plutôt la source quasi unique qui l’influencera au cours de ses années de formation – et avec le recul, il apparaît que cette influence fut sans doute considérable : il s’agit du Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay. Car par bien des côtés, Alley Oop fait plus que rappeler Flip, le compagnon gaffeur de Nemo, en particulier dans les images où il est coiffé d’un haut de forme et fume un cigare : la ressemblance devient alors même physique.

    Cette même année 1939, Alley Oop se retrouve en pleine guerre de Troie : il rencontre Hélène et se bat en duel avec Ajax. L’année suivante, il rencontre Ulysse et se querelle avec Hercule, devient général dans l’armée des Amazones, fait la connaissance de Cléopâtre et de Marc-Antoine – tandis qu’est introduit dans la série G. Oscar Boom, un brillant expert en explosif, un excentrique au tempérament explosif et instable qui, après un début de carrière du côté des méchants, intègre la fine équipe.

    En 1941, Alley Oop se rend à Alexandrie puis rencontre Robin des Bois. En 1942, il veut s’engager dans l’armée américaine pour participer à l’effort de guerre et combattre les nazis, comme le font tous les super-héros de comics, mais il est refusé car considéré comme un "alien". Du coup, il reprend ses pérégrinations temporelles et participe au fameux siège de Syracuse, avec Archimède, puis il visite le Japon médiéval.

    Octobre 1945 est une date qui compte car notre héros se rase et sacrifie sa chevelure. Les lecteurs protestent ! En février 1946, tout a repoussé et Alley Oop a repris son apparence normale – c’est ainsi qu’il découvre l’Atlantide avant de retourner à Moo pour lutter aux côtés de ses amis contre l’invasion des Cro-Magnon. 1947 : Napoléon ; 1948 : Alladin et le génie de la lampe à huile.
Un nouveau tournant décisif est franchi en 1949 qui ancre encore davantage la série dans la SF – car on peut toujours faire remarquer que le voyage dans le temps, bien que permanent, n’est ici utilisé que comme prétexte à des aventures comico-historiques qui revisitent pourtant bien des mythes. Alley Oop s’envole pour son premier voyage vers la Lune ! (il y en aura un second en 1958). A son retour, il entame une tournée de conférences.

    Hamlin, qui s’était déjà fait aider dans ses recherches de documentation historique par Fred Dewalt, alors son futur gendre, décide de prendre un assistant à temps complet. Ce sera David Graue, un étudiant ami de son fils Teddy qui prend ses fonctions officiellement le 1er janvier 1950.
De son côté, Alley Oop, après avoir chassé le tigre en Indes, et rencontré Jules César puis Richard Cœur de Lion, retourne chez les Amazones dans le but de trouver des fonds pour un nouveau projet de voyage spatial, cette fois vers Vénus !

    Au cours des années cinquante, le personnage – qui a désormais besoin de lunettes – continue promenades temporelles et rencontres historiques. Il fait la connaissance de Néron, du Père Noël, de John Smith et de Pocahontas, de la Reine de Sabbat, de Macbeth… il participe à la bataille de Hastings ou encore découvre la Fontaine de Jouvence avec Hernando de Soto. En 1960, la chanson Alley Oop est au hit-parade. L’année suivante, des extraterrestres débarquent à Moo !

    A partir du 15.7.1966, Dave Graue co-signe le strip quotidien dont Hamlin se désintéresse peu à peu. Il l’abandonne à son assistant en 1968, mais continue toutefois à en écrire les scénarios. A partir de septembre 1970, Hamlin n’intervient plus du tout sur le strip quotidien, et se contente d’écrire et de dessiner les planches du dimanche, désormais encrées par Graue. Le 1er janvier 1973, Hamlin qui aura bientôt 73 ans et qui a désormais des problèmes de vision, dessine sa dernière planche du dimanche – qui est publiée le 1er avril. Dave Graue est désormais en charge de la série dans sa continuité : les six bandes quotidiennes de la semaine et la planche du dimanche.

    Au cours des dix années qui vont suivre, Vince Hamlin s’occupera de son épouse Dorothy, victime d’un sévère accident cardiaque dont elle ne remettra jamais tout à fait, tout en travaillant sur ses mémoires, Just for the Record. Il réalise également quelques affiches. Après le décès de Dorothy en novembre 1985, à l’âge de 83 ans, V. T. Hamlin vit seul et se consacre à l’écriture. Il rédige une autobiographie, The Man who Walked with Dinosaurs, un traité sur la pêche, Four Rivers, ainsi qu’un roman, The Devil’s Daughter.

    Venu au monde le 20 mai 1900, Vincent T. Hamlin le quitte le 14 juin 1993.


Bibliographie (partielle)

Publication en périodiques

Planches de 1937 dans Junior ] 89 (9.12.1937) – 94 (13.1.1938) [
Strips du 7 avril au 4 mai 1939 (arrivée de Alley Oop et Ooola dans le présent), Johnny 1-6, 4/7.1970.
Strips du 2 janvier au 27 mars 1950, Les Pieds Nickelés Magazine 2, 10.1971
Strips du 6 juillet au 8 août 1964, Phénix 2, 1.1967

Albums

Alley Oop 1, Dupuis, collection Gag de Poche n°35, sd (12.1965)
Alley Oop 2, Dupuis, collection Gag de Poche n°40, 1966
Alley Oop, Glénat, 1980


                                                                                  Cousin Francis
Par Cousin Francis
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Mardi 19 décembre 2006
Hep, Taxi !


    Le personnage de Space Cabby – le « Taxi de l’Espace » – apparaît dans Mystery in Space 21, daté novembre 1954, dans un récit dessiné par Howard Sherman sur un scénario de Otto Binder.

    Il s’agit clairement d’un récit autonome – et non l’éventuel « pilote » (c’est le cas de le dire !) d’une future série. La publication de séries n’entre d’ailleurs pas dans la politique éditoriale de Julius Schwartz, l’homme aux commandes de Mystery in Space. Jusqu’à ce jour, les seuls personnages récurrents ont été Knights of the Galaxy, dans les huit premiers numéros. Il y a bien Interplanetary Insurance que Carmine Infantino dessine depuis le n°16… mais la parution est irrégulière.

    De fait, il était bien prévu que notre taxi ne ferait qu’une seule course dans l’espace. Mais les lecteurs s’enthousiasment pour ce personnage à casquette des plus atypiques – et parfaitement incroyable ! Aussi notre chauffeur de taxi spatial réapparaît trois mois plus tard, dans Mystery in Space 24 (2/3.1955), pour un récit titré « Hitchhiker of Space ! » – inédit en France, cet épisode a été réédité dans From Beyond the Unknown 18 (8/9.1972). Il est toujours dessiné par Howard Sherman mais scénarisé cette fois par France E. Herron.

    On notera au passage que ce numéro de Mystery in Space est le dernier à paraître avant l’instauration du « comic code », tristement célèbre code de bonne conduite – plus précisément un ensemble de règles relevant de l’autocensure – mis en place par les éditeurs. Dans un premier temps, la BD américaine y perdra en originalité, des titres novateurs disparaissant ou rentrant dans le rang ; dans un second temps, une réaction artistique conduira à l’avènement de ce que les historiens du genre appellent le Silver Age.

    Les réactions des lecteurs sont à nouveau des plus positives et ils sont nombreux à réclamer de nouvelles aventures du sympathique Space Cabby – l’un des rares héros de la BD dont on ne connaîtra jamais le nom.

    Deux mois plus tard, le personnage fait donc sa troisième apparition dans Mystery in Space 26 (6/7.1955) et devient – cette fois très officiellement – une série régulière : la première, de fait, du Silver Age.

    Otto Binder est de retour au scénario ; il les signera tous jusqu’au dernier épisode qui paraîtra dans Mystery in Space 47 (10.1958).

    L’équipe graphique est désormais constituée de Gil Kane, Joe Giella et Bernard Sachs : le premier dessinera la plupart des épisodes, les seconds se relayant à l’encrage ; Bernard Sachs réalisera toutefois seul les trois avant-derniers épisodes (Mystery in Space 44 à 46).

    La dernière histoire de la série Interplanetary Insurance d’Infantino figurant dans le numéro 25 de Mystery in Space, Space Cabby sera, tout au long de sa publication, la seule série régulière. Mais on a l’impression que ce statut lui a été accordé au rabais par l’éditeur. Alors que, par la suite, les séries et personnages récurrents seront les vedettes des titres DC et auront majoritairement les honneurs de la couverture – tels Adam Strange pour Mystery in Space ou Mark Merlin pour House of Secrets – notre taxi de l’espace ne figurera qu’une fois en couverture (n°24), sans mention de son nom et sans précision quant à son statut de série.

    Après vingt-quatre courses dans l’espace dont quinze publiées en France dans Sidéral, le Space Cabby prend sa retraite et est remplacé par… rien du tout ! Il faudra attendre presque un an pour que Mystery in Space propose une nouvelle série : Adam Strange, avec cette fois un traitement de « super star » !

    Idéalement représentatif d’une science-fiction innocente, drôle et insouciante, le personnage avait sans doute fait son temps. A la relecture et avec la distance qu’il convient, ses aventures restent colorées d’un charme désuet, des plus agréables.

                                                                                                                Cousin Francis

    Nos cousins qui souhaiteraient en apprendre un peu plus sur ce sympathique personnage - ou qui même souhaiteraient, tant qu'à faire, lire ses aventures - apprendront avec un réel ravissement qu'une Intégrale Taxi de l'Espace a été éditée en deux volumes, par nos soins et de nos petites mains, à tirage minusculissime. Comme d'habitude, il s'agit d'albums au grand format, sous couverture épaisse, avec pages de garde coordonnées et dos en toile adhésive. Rien que de très artisanal et just pour le fun, nom d'une crotte de caribou - et celui d'une poignée de nostalgiques. Les 15 épisodes traduits y figurent, ainsi qu'un inédit, plus diverses bricolettes rédactionnelles. Ces albums valent 10€ l'un plus le port (sauf erreur 2,76€ pour un album et 3,90€ pour les deux). Les envois sont blindés - on connaît La Poste... L'adresse du divin cousin traînouille ici ou là (voir l'article titré Blificc). Si le cousin n'existait pas, il faudrait l'inventer.
Par Cousin Francis
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