Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Jeudi 12 avril 2007
Mangue, Auteurs britanniques et Aquarium

Le cousin s'est bricolé une espèce de tablette surélevée avec des morceaux de lames de parquet ; puis il l'a peinturlurée avec un vieux fond de pot de glycéro couleur mangue (enfin, c'est une certaine idée de la couleur des mangues) ; puis il l'a posée sur la cheminée où avant étaient entassés des tas de bouquins d'auteurs britanniques ; puis il y a installé un petit aquarium de trente litres ; puis il a mis du sable, des cailloux (pour faire un dolmen et des menhirs).
Demain le cousin commencera à remplir avec de l'eau ; puis il ira acheter des plantes aquatiques ; après on verra.
En attendant, le cousin ne sait pas trop où il va entasser ses bouquins d'auteurs britanniques...
Zut alors.

10 avril 2007

--oOo--

Trois petites plantes et puis on verra

Le cousin a été acheter des plantes pour son aquarium. Comme il n'y connaît rien, il a demandé à un vendeur de choisir pour lui deux ou trois plantes ne demandant pas d'entretien et increvables ("ou peu s'en faut" il a dit en rigolant, mais ça a pas fait rigoler le vendeur) ; et puis pas chères aussi.
Le vendeur a attrapé trois touffes de Egeria densa, Cabomda aquatica et Myriophyllum aquaticum (en disant les noms sans lire les étiquettes, c'est un bon vendeur !). Ca a fait huit euros et septante centimes. De retour chez lui, le cousin a planté ses nouvelles amies dans la couche de sable grossier qui tapisse le fond de son aquarium ; puis il a rajouté de l'eau (du robinet) jusqu'à la hauteur indiquée dans le mode d'emploi de l'aquarium ; puis il a branché la petit pompe qui entretient un courant d'eau ; puis il a allumé la lampe posée à côté.
Ca a fait joli...
La semaine prochaine, le cousin ira acheter des poissons. Des petits qui brillent de toutes leurs couleurs.
Chic planète !

11 avril 2007

--oOo--

et glou et glou et glou

Le cousin a été faire un tour à l'UNICO du village. Comme ils avaient rentré tout un stock de pinards, le cousin a bien passé une heure à renifler les bouteilles. Ca l'a quand même un peu étonné qu'ils aient du Fronton à deux euros zéro cinq. Soit douze euros trente du carton de six boutanches. Pas cher, pas cher. Faut savoir que le Fronton - en fait il faudrait dire "Côtes du Frontonnais, Fronton" puisqu'il s'agit d'une AOC répartie en deux groupes de communes de la même région nord-toulousaine, l'autre étant "Côtes du Frontonnais, Villaudric" - est un petit vin plutôt sympa, fruité et un rien coquinet, fort charmant ma foi mais néanmoins de belle rondeur, et à la bouche très caractéristique de par le cépage prédominant qui constitue ce cru : la Négrette, originaire de l'île de Chypre et ainsi baptisée à cause de la peau très noire de son raisin. Bien qu'associée au Cabernet Franc et au Gamay, c'est bien la Négrette qui fait le bonheur du Fronton : un breuvage à boire à température ambiante - voire même rafraîchi à une quinzaine de degrés - et qui accompagne au mieux viandes rouges et fromages, bien entendu, mais aussi volailles et même poissons grillés. Seulement voilà, fort peu tannique, moyennement charpenté, le Fronton n'est point un vin de bonne garde destiné à vieillir dans la cave de l'honnête homme. Il convient de le boire jeune ! Or, les bouteilles bradées à l'UNICO étaient du cru 2003. Limite, limite. Dans le même arrivage, le cousin repéra bien des 2004 et 2005... mais au double du prix ! D'où ce soupçon : le but de la manoeuvre était peut-être bien de liquider à vil prix un stock en fin de carrière, voire ayant dépassé la limite d'âge. Le cousin fit donc ce que tout honnête homme aurait fait à sa place : il acheta une bouteille, rentra chez lui, et commença à se la pochtronner de la plus professionnelle manière qu'il soit, c'est-à-dire avec un verre dans une main et un beau morceau de pain complet au levain dans l'autre. Verdict : arrivé à la moitié, ou peu s'en faut, de la bouteille, le cousin avait acquis la certitude qu'il ne retournerait pas en acheter d'autres le lendemain, comme il l'avait virtuellement envisagé - à ce prix-là, ça aurait pourtant fait plaisir à plus d'un de ses poteaux. Quant à ce qu'il restait dans la bouteille testée, cela finirait dans le vinaigrier où cela ferait, sans le moindre doute, un excellent vinaigre.
On ne gagne pas à tous les coups.

12 avril 2007
par Cousin Francis publié dans : L'Agenda du Cousin
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 27 mars 2007
    Le 25 février dernier a disparu Patrice Duvic. Je l’ai appris le jour même, au détour d’un mail de Patrick Gyger. Dès le lendemain, la triste nouvelle avait fait le tour de l’internet – même la fiche de Wikipédia consacrée à l’auteur et éditeur avait été aussitôt mise à jour.

    Patrice Duvic était un compagnon de route très lointain.

    A la fin des années septante, nous avions échangé quelques lettres. Il m’avait envoyé un ou deux exemplaires de L’Ami du Poulpe, un fanzine qu’il avait réalisé dans les années soixante, retrouvés dans ses archives – Duvic avait participé au fandom de ces années-là, publiant par exemple des textes dans Lunatique. J’avais cru comprendre, à ses courriers, qu’il était alors plus ou moins bouquiniste sur les quais, à Paris – il semblait ne pas tenir à en parler.

    Je me souviens d’une remarque à propos des collectionneurs, de la SF ancienne, du fait qu’il n’existait pas de répertoire bibliographique de l’ensemble de la SF, que plein de choses n’étaient pas rééditées, ne le seraient jamais et finiraient par être oubliées… Il m’avait dit quelque chose comme « Non, parce qu’à nous tous on a tout ! ». Ca voulait dire qu’il était possible que rien ne se perde, à condition que les collectionneurs et archivistes, dans leur ensemble, fassent en sorte que la mémoire du genre ne disparaisse pas avec eux, simplement en acceptant de partager leurs informations. Vœux pieux parce qu’on sait que la plupart des collectionneurs gardent jalousement leurs petites découvertes…

    Peu après, je me suis retrouvé rédacteur en chef d’Opzone, un magazine de SF professionnel réalisé au fin fond de l’Aube, dans un village de onze habitants, et pourtant diffusé sur le plan national. Michel Jeury, lui aussi provincial (il était à l’époque gardien d’un château près d’Issigeac, où les propriétaires venaient passer quelques semaines par an) et alors un ami très proche, me proposa d’animer une rubrique titrée S.O.S. – pour Self Opzone Service. Il se chargeait de demander à des auteurs ayant récemment publié un roman qui l’avait intéressé, de rédiger quelque chose – avec carte blanche. C’est ainsi que je publiai dans Opzone un texte de Patrice Duvic qui venait de publier deux romans que j’avais appréciés : Poisson-Pilote en Présence du Futur et Naissez, nous ferons le reste en Presses Pocket SF.

    Nous nous sommes peu après perdu de vue.

    J’avais la sensation (peut-être parfaitement fausse) que Patrice Duvic appartenait au « clan » des professionnels parisiens fréquentant des lieux où les zozos de mon espèce étaient très mal venus, genre le Festival de Metz, haut-lieu du champagne et des petits fours, ou les fameux « déjeuners du lundi » – dans un restaurant du Quartier Latin où la fine fleur de la SF parisienne se retrouve pour manger mal et cher. Et puis il travaillait pour ces éditeurs parisianistes méprisants. A l’époque, j’étais un fan pur et dur de SF, empli de certitude et campant sur ses positions, éditant à tour de bras des fanzines et évoluant dans le fandom, allant aux conventions de SF (où je n’ai pas souvenir d’avoir jamais vu Duvic)… Je n’avais aucune activité professionnelle dans la SF, je gagnais un peu d’argent en étant musicien et bouquiniste Pour moi, les éditeurs parisiens, c’était l’ennemi méprisant et donc méprisable, arrogant et donc à condamner avec une même morgue ! Avec le recul, je crains que c’était peut-être bien moi qui, en cultivant cette posture de rebelle affiché, était à l’époque le type méprisant et arrogant, en plus de cultiver une bonne dose de parano !

    Par la suite, quand j’ai commencé à publier des nouvelles de manière plus professionnelle (chez J’ai Lu ou Denoël) ou des traductions (pour Ailleurs et Demain, ponctuellement), je n’ai fait que suivre une espèce de mouvement général et générationnel – pour simplifier on dira que les gens de ma génération (et quelques plus jeunes comme Gilles Dumay) prenant peu à peu le pouvoir dans l’édition de SF, ils avaient tendance à faire appel à des gens comme moi qu’ils avaient connus et appréciés au cours de leurs années de fandom.

    J’ai donc commencé à fréquenter des lieux comme… les déjeuners du lundi ! (Oh, j’ai du y aller deux fois, trois peut-être, mais c’est pour ça que je sais que c’est cher et mauvais !) – à me retrouvai invité au Salon du Livre de Paris, au Festival de Nancy ou celui d’Epinal (celui de Metz n’existant plus) ou, de manière quasiment chronique, aux Utopiales de Nantes.

    Evidemment, j’y croisais à chaque fois Patrice Duvic – en général fort occupé à interviewer des auteurs anglo-saxons. On ne s’est jamais parlé. On ne se disait même pas bonjour. Les rares fois où j’eus la sensation qu’il m’aurait bien dit bonjour, je me débrouillai pour faire celui qui ne l’avait pas vu – et les tout aussi rares fois où je me disais que c’était trop con et qu’au moins, à défaut d’être potes, on pouvait au minimum se saluer, je n’arrivai pas à accrocher son regard car il était tout aussi fort que moi dans l’art et la manière de ne pas voir qui il souhaitait ne pas voir. Il n’y a pas d’explication à cela. Ca n’a pas de sens.

    En somme, notre relation – qui avait pourtant existé à une époque lointaine – n’avait pas survécu à des années sans occasion ni motif de se rencontrer ; et quand elle aurait pu redémarrer puisque nous nous étions mis à fréquenter les mêmes lieux, il ne se passa rien. Sans doute a-t-il manqué un médiateur, quelqu’un qui m’aurait dit « viens, on va boire un coup avec Duvic » ou qui lui aurait dit « viens, on va boire un coup avec FV ».

    C’est con.

    Quand Jacques Chambon souhaita rééditer l’anthologie de cyberpunk Demain les puces que Patrice Duvic avait réunie pour Présence du Futur, Gérard Klein ne souhaita pas laisser au sommaire son texte. Il y avait donc un trou. Chambon me demanda si j’acceptais qu’il publie, à la place du texte de Klein, ma novella BumpieTM dont il m’avait dit, à plusieurs reprises, qu’elle le fascinait – il était l’un des rares à aimer ce texte, démoli par la critique française. Cette novella, sans doute un des premiers textes relevant de l’esthétique du cyberpunk écrit par un auteur français, avait été publiée dans Univers, récompensée par le Prix Rosny, et publiée aux USA dans une anthologie réunie par Robert Silverberg. Je répondis à Chambon que j’étais bien sûr d’accord, mais en précisant que je n’étais pas spécialement copain avec Duvic… Je ne me souviens pas précisément de ce que Chambon me répondit – dans mon souvenir, je crois que Duvic lui avait fait savoir qu’il s’en foutait, qu’il n’avait pas lu mon texte et qu’il laissait Chambon (le patron !) faire ce qu’il voulait. Souvenir très probablement orienté et parano à souhait. Si ça se trouve, Duvic avait lu le texte, l’avait trouvé bien et avait donné son accord avec plaisir. Mais comme Jacques Chambon a également tiré sa révérence, on ne saura jamais.

    Oui, Patrice Duvic était un compagnon de route très lointain. Mais il n’aurait tenu qu’à moi de réduire la distance nous séparant – un tout petit effort aurait suffi. On croit toujours qu’on a le temps. On se trompe.

    Terminons par une note d’humour – je me souviens avoir vu Patrice Duvic rigoler plus souvent qu’à son tour ! Cette histoire en définitive assez triste d’une non-rencontre me rappelle ce commentaire que Jacques Goimard – dont tout le monde pensa longtemps qu’il transmettrait son empire éditorial au dévoué Patrice Duvic… mais c’est une autre histoire – me fit lui aussi plus souvent qu’à son tour : « La parano, il n’y a rien de pire ! ».

    Ca c’est bien sûr ! Et Dieu sait qu’il s’y connaît en parano, l’ami Goimard !

                                                                       Francis Valéry



Note : ce texte figure en éditorial du n°161 d'A&A, daté mars 2007 ; j'ai sorti le premier numéro de cette petite revue de SF en mars 1977, aussi ce numéro devait être un Spéial Trentième Anniversaire. La triste actualité en a décidé autrement et A&A 161 est un hommage à Patrice Duvic, avec des rééditions de plusieurs textes ; le tirage est de quarante exemplaires : si par hasard un des lecteurs de ce blog souhaitait se procurer ce numéro, il lui suffit de m'adresser 3,50 euros - mon adresse figure dans l'article titré Blificc 3).
par Cousin Francis publié dans : L'Agenda du Cousin
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 19 février 2007
L’Agenda du Cousin

Fraises et Topinambours

(Dimanche 18 février 2007)


    Ce qui est formidable avec les nœuds lunaires, c’est que les jours où le phénomène advient il est de la plus extrême importance de… ne rien faire – s’entend : au jardin. Chic planète ! Nulle contre-indication toutefois à prendre ces jours-là sa plus belle plume pour donner quelques nouvelles à ses amis. Alors voilà : avec les beaux jours les affaires reprennent. La semaine qui vient de s’écouler fut donc fort chargée tant aux champs qu’à la maison.

    Il a d’abord fallu s’occuper des fraisiers…

    L’an passé, j’avais acquis une dizaine de pieds d’une variété remontante nommée Gento dont on m’avait vanté la saveur. Cinq furent plantés en bordure d’un carré où végète un pied d’Angélique – quel que soit l’endroit du Domaine où je plante ou sème de l’Angélique, celle-ci végète : va savoir pourquoi ? J’ai d’ailleurs les mêmes difficultés avec la rhubarbe. Mais revenons à nos fraisiers : les cinq autres plants trouvèrent une petite place auprès de pieds de tomate cerise.

    On conseille, la première année, de ne pas laisser se développer des stolons, afin de ne pas nuire à la productivité des fraisiers. Ce concept, on ne s’en étonnera pas, ne faisant pas partie de mon univers mental (producti-comment déjà ?), je laissai si l’on peut dire les stolons stolonner à satiété. Ils s’empressèrent de courir dans tous les sens et à toute allure, s’enracinant ça et là. Résultat de mon supposé non respect des consignes élémentaires : mes fraises furent délicieuses et leur rendement proprement incroyable près de six mois durant. Et alors que le printemps pointe son nez de fort bonne heure, je dénombre plus de huitante nouveaux fraisiers parfaitement enracinés et au collet déjà bien garni de nouvelles pousses – il doit en fait y en avoir beaucoup plus car ils sont, en certains endroits, si serrés que j’ai compté un pour des paires voire des triplettes. Conclusion : soyez des rebelles et jardinez comme vous le sentez !

    A l’automne, le Paou – ainsi surnomme-t-on en famille le Sénéchal du Domaine – avait eu l’excellente idée de bricoler une sorte d’espalier constitué de trois gouttières de récupération, longues de six mètres, fixées l’une en surplomb de l’autre, en encorbellement pourrait-on dire, sur des tréteaux de bois bien solides – l’ensemble savamment orienté plein sud. A l’intention de ceux de mes lecteurs au fait de la topographie du Domaine, je préciserai l’endroit : contre le muret extérieur de la serre, près du grand figuier. Les autres imagineront – dans l’attente de venir me visiter un de ces jours, ne serait-ce que pour goûter mes confitures (ceci à l’intention du lecteur gourmand qui me demandait, en commentaire d’un de mes petits articles, quand c’est-y qu’on goûtera les p’tites confiotes du cousin ? C’est quand tu veux, mon gars !).

    Sur ce, ces dix-huit mètres linéaires furent emplis d’un bon terreau, bien putréfié, dans lequel je plantai derechef quarante-cinq plants de fraisiers. Que de travail ! Car il fallut les récupérer un à un au sein d’un incroyable emberlificotage de stolons encore fort résistants. Du coup, ajoutés aux anciens plants et aux rejetons laissés en place, je me retrouve à la tête d’une plantation de quelque cent plants de fraisiers. C’est Byzance. De quoi s’en faire péter par avance la sous-ventrière ! L’été s’annonce pantagruélique !

    Mercredi, foutre météo, fut jour de tempête – elle s'avéra toutefois moins forte qu’annoncée, loué soit le Lard car les dix jours de neige de janvier ont fait d’énormes dégâts sur les arbres, en particulier les persistants. Il va falloir la semaine prochaine manier ferme la tronçonneuse pour débiter tout ce qui a été cassé. Le même jour, je fis un aller et retour à Bordeaux, histoire de visiter mon imprimeur pour y réimprimer quelques albums et y avancer le tirage des prochains Mélanges – j’en suis aux trois cinquièmes, ça devient bon ! Mais l’argent manque pour terminer l’impression. C’est que j’ai du payer mes charges sociales…

    Samedi (hier) : Nouvelle Lune. Nous avons eu de la visite : un ami d’enfance et sa petite famille, de retour des sports d’hiver et de passage, direction Cholet, Maine-et-Loire, capitale du mouchoir. Levé de bonne heure pour aller déterrer des topinambours – à l’air libre, la topine s’oxyde à toute allure, il convient de la cuisiner aussi fraîche que possible. Deux pieds m’ont fourni trois bons kilos de beaux tubercules. Dix minutes pour déterrer tout cela, mais une bonne heure pour le nettoyage et l’épluchage. Puis il a fallu commencer à les cuire à l’eau salée avant de les terminer à la sauteuse. Servies avec un petit Côtes-du-Rhône Villages, mes topines furent épatantes.

    Une nouvelle semaine s’annonce au cours de laquelle je vais commencer mes semis : tomates, poivrons, piments, basilic, persil…

    A tout bientôt.

                                                              le cousin.
par Cousin Francis publié dans : L'Agenda du Cousin
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 14 décembre 2006

    Ce matin, comme tous les matins, j’ai pris mon café dans la cuisine.

    Or, dans la cuisine, il y a désormais un poste de télé. Un peu pourri. Il est relié par un câble –  lui aussi un peu pourri : le blindage déborde au niveau de la prise qui est un poil rouillée – à une antenne que je soupçonne d’être encore plus pourrie. En guise d’antenne, il s’agit en fait d’une espèce de râteau tout tordu, récupéré dans le jardin après une tempête et scotché sur un bout de mat, lui-même posé au-dessus du plafond, à l’intérieur d’une espèce de faux grenier, au-dessus de la cuisine (qui est en fait une ancienne souillarde accolée à l’aile ouest de la grande maison). Vous me suivez ?

    Faut dire que si je prends mon café, le matin, dans cet endroit, c’est parce que c’est l’un des deux endroits où il y a encore une cheminée en état de marche – et que le matin au sortir de mes couettes, ça caille ! Eh oui, parce qu’il y a une quinzaine d’années, une vraiment grosse tempête a foutu en l’air toutes les cheminées du grand bâtiment central, et on n’a jamais trouvé les sous pour les remonter (je vous l’ai déjà raconté, non ?). Bon. L’important, dans cette histoire, c’est qu’il y a une télé. Pourrie, comme j’ai dit. On arrive à voir à peu près TF1 et FR3, et on devine France 2 – les autres chaînes ne sont jamais arrivées jusque chez nous. Ceux qui connaissent le Domaine savent qu’il n’est vraiment pas loin du fin fond de nulle part.

    J’ouvre une parenthèse :

    (J’ai précisé qu’il y avait deux cheminées en état de marche, certains d’entre vous se demanderont peut-être pourquoi je ne prends pas mon café dans l’endroit où se trouve l’autre cheminée ? C’est en soi une bonne question et qui prouve que vous suivez. La réponse, c’est juste que je n’ai pas envie de prendre mon café là-bas, d’accord ? Pourquoi, insisteront certains ? Parce qu’il faudrait que j’y transporte la cafetière et ça ne serait pas pratique – en plus les prises de courant sont au ras du sol et, le matin, je n’aime pas me baisser car j’ai toujours un peu mal au dos. Ca vous va comme réponse ? Je peux passer à la suite ? Merci.)

    Parenthèse refermée, reprenons :

    Ce matin, comme tous les matins, j’ai pris mon café dans la cuisine. J’ai allumé la télé et j’ai regardé FR3. Une jeune femme de la région de Lyon téléphonait pour expliquer qu’elle venait de créer une antenne locale de Freecycle. Mes oreilles se sont plus largement ouvertes.

    Il y a environ deux ans, j’ai lu dans je ne sais plus quel magazine un article sur Freecyle. C’est un réseau mondial – à l’origine américain – qui organise le recyclage de trucs qui fonctionnent encore mais dont on ne se sert plus. L’idée est de les donner à quelqu’un qui en aurait l’utilité, plutôt que de les foutre à la poubelle et d’accroître d’autant le volume de déchets produits par la race humaine – sale race, au demeurant.

    (Ouh là là ! vont se dire mes gentils lecteurs, le Cousin Francis n’a pas l’air de bon poil aujourd’hui, ou bien ?)

    Freecyle lutte ainsi contre le gaspillage et fait la promotion de la gratuité, des échanges non marchands et de toutes ces choses oscillant fort sympathiquement entre altermondialisme et anti-étatisme. Cool. A l’époque, j’avais été jeter un œil sur freecycle.com puis sur l’antenne française fr.freecyle.org pour constater, hélas, qu’il n’y avait aucun groupe dans la région de Bordeaux – pourtant la cinquième ville de l’hexagone. Le fait d’entendre cette femme à la télé m’a donné envie de retourner voir, sur le site français, si les choses avaient évoluées. Chic planète ! Il existe depuis fin novembre un groupe freecyle à Bordeaux, et il y a déjà 17 membres. Evidemment, j’ai aussitôt cliqué sur le petit machin, en bas de la page, où c’est-y que c’était marqué : « nous rejoindre ».

    C’est là que mes ennuis ont commencé.

    On m’a répondu que si je voulais rejoindre le groupe freecycle de Bordeaux, je devais d’abord avoir un compte chez Yahoo. Pas à tortiller du cul pour chier droit. C’était ça ou casse-toi. Pas cool.

    Ca m’a fâcheusement rappelé la fois où, c’était il y a environ quinze jours, André François Ruaud des Editions Les Moutons Electriques, m’avait proposé de rejoindre le groupe de discussion organisé autour de ses éditions. Pourquoi pas ? J’avais cliqué là où il fallait cliquer et… on avait commencé par me dire que je devais avoir un compte chez Yahoo. Bon. J’avais rempli le truc, mis mon nom, choisi mon « nom de compte » (j’avais mis Cousin Francis, pourquoi faire compliqué ?), mis un « mot de passe » (le même que je mets partout, avec l’âge mes capacités mémorielles faiblissent), déchiffré le gribouillis qu’il faut recopier pour valider tout ça, et… Yaho m’avait répondu que mon « nom de compte » Yahoo était déjà utilisé.

    Alouazolbek !

    Un petit salopard se faisait donc passer pour moi ! A la place de Cousin Francis, j’avais mis Francis Valéry. Même réponse : le même salopard avait donc utilisé toutes les options pour m’empêcher d’ouvrir un compte Yahoo. Là, je m’étais tout de même dit : Francis, mollo la pédale parano. Réfléchis : n’aurais-tu pas déjà ouvert un compte Yahoo, il y a longtemps, quand tu avais ton bel iMac ?

    « Cette pourriture de saloperie de merde qui a cramé deux jours après la fin de la garantie et qui a fait que je suis devenu un Pciste, moi qui avait été pendant quinze ans un farouche macintoshiste ? » m’étais-je exclamé.

    « Absolument ! » m’étais-je répondu.

    De fait, il est possible qu’à l’époque où je vivais encore avec mon ex-épouse, que j’avais un iMac et que la maison était câblée, j’ai ouvert un compte Yahoo… Mais c’était il y a dix ans et je ne m’en suis jamais servi !

    Hum…

    J’avais recommencé à réfléchir. Pas trop, parce qu’avec le froid qu’il fait dans ma chambre au premier étage, mes doigts ont tendance à geler si je reste trop longtemps sans taper sur mon clavier – au passage, je viens de vous révéler le secret de ma grande productivité littéraire : j’ai froid donc je tape.

    La première  hypothèse m’avait alors singulièrement retitillé : je m’étais dit furieusement que la seule explication recevable, c’était bel et bien qu’un de mes nombreux ennemis avait ouvert des comptes Yahoo fantômes, à tous les noms que j’étais susceptible d’utiliser, à seule fin de m’emmerder. J’en sais quelques uns capables d’une telle vilenie. Et je ferai remarquer à ceux de mes lecteurs qui froncent les sourcils en se disant que je suis vraiment paranoïaque, que ce n’est pas parce qu’on est paranoïaque qu’on n’a pas d’ennemis. Bref, ça m’avait gonflé et j’avais laissé tomber – puis j’avais passé un mail à André pour lui raconter. Il s’était évidemment foutu de ma poire et m’avait inscrit lui-même par je ne sais quelle manipulation magique.

    Nom de Dieu qui n’existez pas, voilà que ça recommençait !

    Mais comme cette fois j’avais vraiment envie de m’inscrire à Freecycle, je me suis dit que j’allais prendre un nom de compte genre nimportenawaque, et que j’allais le noter dans un coin. J’ai donc choisi : « confiture ». Réponse de Yahoo : déjà pris. Admettons, j’ai choisi : « concombre ». Réponse de Yahoo : déjà pris. Ca commençait à bien faire, j’ai choisi : « camembert ». Réponse de Yahoo : déjà pris…. Nadzelmok ! J’ai tapé : « dsjfhrhghre ». Réponse de Yahoo : déjà pris !

    Là, je me suis dit que Yahoo ne voulait vraiment pas de moi !

    J’ai donc décidé d’écrire à Freestyle en leur disant que j’étais prêt à les rejoindre mais que, à l’évidence, j’étais sur la liste noire de Yahoo – et ce n’est pas parce qu’on est paranoïaque qu’on n’est sur aucune liste noire.

    Et là, quand j’ai cliqué sur « nous contacter », une fenêtre s’est ouverte, marquée Outlook Express ! Et quand j’ai voulu envoyer mon message, on m’a dit que ce n’était pas ma messagerie habituelle, que je n’étais pas inscrit, que je n’avais pas la carte de membre, que je n’étais pas à jour de mes cotisations, etc.

    J’ai fait une pause. J’avais le choix entre foutre mon ordinateur par la fenêtre – ce que j’aurais sans doute regretté aussitôt après. Ou me calmer. J’ai choisi de me calmer et je suis redescendu à la cuisine boire un autre café. Je ne vous l’ai jamais dit, mais je fais partie de ces gens que la camomille énerve mais qui sont calmés par le café. Non, je déconne. Je me remis à réfléchir, tout en peinant à finir l’infâme kawa qui commençait à prendre en bloc de gélatine au fond de ma tasse – j’avais laissé la cafetière allumée et le kawa s’était condensé, façon implosion d’une étoile à neutrons en train de se transformer en trou noir, vu depuis le bord de son horizon événementiel : le truc qui craint vraiment et qu’on n’a pas l’occasion de faire deux fois !

    Je crois que je compris alors où résidait le problème…

    J’ai un vieux PC qui utilise des logiciels libres ou des versions gratuites (incomplètes, m’a-t-on une fois expliqué, n’empêche que ça fonctionne). Je n’ai pas Internet Explorer – j’utilise une version de démonstration, gratuite, de Mozilla Firefox qui fonctionne parfaitement bien. Je n’ai pas Outlook Express – je ne sais pas ce que j’ai à la place, ça doit aller avec Mozilla. J’ai une adresse email en Belgique, gratuite. Je n’ai pas tous ces logiciels hypersophistiqués qui font cent fois plus de choses que ce que j’ai besoin de faire – j’ai juste un traitement de texte de l’âge de pierre. Bref, je crois comprendre que si je n’arrive pas à ouvrir un compte chez Yahoo, c’est sans doute parce que mon ordinateur n’est pas équipé de tous ces mouchards électroniques qui s’y infiltrent, s’y implantent, s’y camouflent malgré vous – c’est ça qu’on appelle des « cookies » ou bien ? Mon petit frère – le fameux Docteur Dave qui entretient tous les PC dans un rayon de trente kilomètres – a installé sur ma machine un truc qui bloque toutes ces saloperies.

    Façon Résistance !

    Mais voilà, le World Company n’aime pas les Résistants ! Alors tant pis pour Freecycle – infiltré par l’ennemi ! Quant à Yahoo, à l’évidence associé au complot microsoftien planétaire, je les merde ! Que les pustules leur viennent au cul et que les bras leur raccourcissent qu'ils ne puissent pas se les gratter ! Et que Cthulhu vienne leur bouffer le fion !

    De toutes façons, je ne me sers que de Google.

    Bonjour chez vous.

                                                                                                           Cousin Francis


Quartidi 24 Frimaire de l’An CCXV
(14 décembre 2006)
Jour de l’Oseille et Journée Racines, en Lune décroissante et descendante, sous le signe du Sagittaire en son 2ème décan.
Aujourd’hui, le Soleil s’est levé à 8h38.
par Cousin Francis publié dans : L'Agenda du Cousin
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 11 décembre 2006

    Ces temps-ci, je me couche de bonne heure – je dors deux heures et je me réveille. C’est alors l’occasion de fureter dans mes stocks de cassettes vidéo enregistrées ces dernières années, quand j’avais encore la télé mais pas envie de la regarder. Je me disais que ça serait « pour plus tard ». Plus tard, on y est.

    J’ai récupéré le vieux poste de télé de ma fille, un peu pourri (parfois le son yoyote), et, il y a deux mois, je me suis ouvert une ligne budgétaire pour acheter, dans une grande surface, un magnétoscope made in China tout neuf à quarante-neuf euros (je me demande parfois pendant combien de temps il fonctionnera ?). Même pas honte.

    Hier soir, je me suis fait un film de politique fiction étasunien : Couvre-feu, parce que j’avais vu qu’il y avait au générique Denzel Washington et Bruce Willis. Je dois avouer qu’il y a fort longtemps, j’avais bien aimé une série télé complètement déjantée qui s’appelait Clair de lune, dans laquelle officiait Cybill Sheperd, dans le rôle de Maddie Hayes, la patronne d’une agence de détectives privés, et Bruce Willis (dans un de ses premiers rôles et avec des cheveux) dans le rôle de David Addison, l’unique employé. Diffusée dans la seconde moitié des années 80, Clair de lune (Moonlighting dans la VO) fut une des premières séries post-modernes, jouant sur la prise de distance, les références et les codes du cinéma. Bruce Willis y était assez épatant.

     Par la suite, j’ai plutôt aimé un certain nombre de films dans lequel il officiait : Pulp Fiction de Tarentino (1994), L’Armée des douze singes de Terry Gilliam (1995), Le cinquième élément de Luc Besson (1997) ou, dans un registre plus psychologique et assez étonnant, Le sixième sens (1999) et Incassable (2000). Je n’ai pas vu l’adaptation de Sin City, la BD de Frank Miller, réalisée, me semble-t-il, par Miller lui-même et Tarentino. C’est donc avec un certain a-priori positif que j’ai visionné Couvre-feu. Hélas, mauvaise pioche : c’est vraiment une grosse daube !

    Avant-hier, je me suis fait Cœur de Dragon (j’ai piqué la cassette dans la collection de mon frère). C’est un film de fantasy pas trop mauvais, évidemment très convenu et plein de bons sentiments, mais parfois plutôt rigolo – et puis je ne savais pas que la voix du dragon avait été doublée par Philippe Noiret.

    Il y a quelques jours, j’ai raconté dans ce blog qu’à une époque je prenais très souvent les TGV Bordeaux-Paris, Paris-Lausanne et Paris-Genève, et que j’y croisais souvent au bar des gens connus. Deux jours après avoir mis en ligne cet article, j’ai appris le décès de Philippe Noiret, un acteur que j’appréciais énormément, et je me suis souvenu que j’avais aussi croisé Noiret au bar d’un TGV !

    C’était il y a quatre ans, dans le Paris-Genève. J’étais au bar, j’attendais mon tour pour être servi ; il n’y avait plus qu’une personne avant moi quand Philippe Noiret est apparu, dans le petit bout de couloir qui allait vers la première classe. Je l’ai bien sûr immédiatement reconnu. Il m’a semblé terriblement âgé – ça fait toujours cet effet-là quand on rencontre un acteur que l’on connaît depuis toujours, et dont l’image que l’on s’en fait provient de films réalisés il y a vingt ou trente ans. Là, il y avait autre chose. L’homme était visiblement très malade, son visage exprimait la souffrance et quelqu’un l’aidait à marcher.

    Le barman s’est évidemment aussitôt tourné vers lui pour prendre sa commande. Mais Noiret a alors fait un petit geste en me désignant, qui signifiait que j’étais là avant lui. Le barman a été surpris et, après un temps d’hésitation, il s’est tourné vers moi puis a fait un pas dans ma direction. J’ai demandé un café tout en saluant Philippe Noiret – avec ce genre de discret acquiescement du visage qui signifie à la fois merci et bonjour. A ce moment, une jeune femme est apparue derrière le bar, venant d’une espèce de coin réserve dans un renfoncement du compartiment – elle a aussitôt pris la commande de la personne qui accompagnait l’acteur.

    Le type m’a servi, j’ai payé et je suis allé boire mon café dans un coin, en m’efforçant de ne pas regarder dans la direction de Noiret – à la fois par timidité et par respect. Au bout d’un moment, je me suis replongé dans le paysage qui défilait de l’autre côté du miroir…

    Il y a deux jours, j’ai regardé La cité des anges avec Nicolas Cage et Meg Ryan. Seth, un ange gardien habillé à la Matrix – et presque aussi beau que Keanu Reeves – renonce à l’éternité pour l’amour d’une humaine – pas n’importe qui : Meg Ryan, tout de même, dans le rôle de Maggie, une cardiologue. Il en chie mais parvient à ses fins. Et puis au lendemain de leur première nuit d’amour, elle meurt. Dur ! Mais il ne regrette rien parce qu’avoir été heureux avec elle une journée c’est mieux que passer l’éternité (et au bout d’un moment, ça commence à faire long), sans elle. Bon. Je suis client. C’est mon côté… comment dire ? Les mauvaises langues et autres machos suintant la testostérone diront que c’est mon côté ‘chochotte’ – mes copines diront que c’est ce côté féminin hyper développé qu’elles aiment tant en moi. Allez, j’ai même presque versé une petite larme quand elle meurt. Si, si. Bon, OK, je l’ai versée – mais elle était toute petite. Et puis j’ai fini la bouteille de Soho...

    Elle est vraiment belle, Meg Ryan. A la fois forte et fragile : pile ce qui me fait craquer.

    C’est tout à fait le genre de femme avec qui j’aimerais vivre, sur un bateau ancré à Sausalito, avec deux chats, des jardinières remplies de plantes tout autour, et des vélos pour aller faire les courses – je serais écrivain pour la jeunesse hyper star et je publierais, de temps en temps, des nouvelles de trois feuillets payées cinq mille dollars dans Playboy ou le Saturday Evening Post, et aussi je participerais à une émission de jardinage sur la radio locale, et Meg... euh… elle tiendrait par exemple une librairie avec des bouquins sur le New Age, ou alors elle serait directrice littéraire chez Ballantine, ou encore elle serait consultante en Feng Shui. Un truc cool, quoi. Ah ouais, ça serait rudement bien.

    Evidemment, ça serait après que j’aurais perdu quarante kilos et que j’aurais suivi un programme de remise en forme. Ainsi qu’un perfectionnement en anglais.

    Bon. Je commence demain.

    Bonjour chez vous.

                                                                            Cousin Francis


Décadi 20 Frimaire de l’An CCXV
(10 décembre 2006)
Jour du Hoyau et Journée Fleurs, en Lune décroissante et descendante, sous le signe du Sagittaire en son 2ème décan.
Aujourd’hui le Soleil s’est levé à 8h34.
par Cousin Francis publié dans : L'Agenda du Cousin
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

hebergeur de site internet sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus