Adam Strange

Publié le par Cousin Francis

    Alpha Centauri est le système solaire le plus proche de la Terre. C’est un système triple – plus précisément il est constitué d’une étoile double, α Centauri A et α Centauri B, et d’une naine rouge, Proxima Centauri, qui lui est liée gravitationnellement.
    Située à seulement 4,22 années-lumière, Proxima Centauri est l’étoile la plus proche de la Terre. Avec une magnitude apparente moyenne de 11, elle est invisible à l’œil nu. Il s’agit d’une petite étoile de spectre M5, d’une masse de 0.12 fois celle du soleil, et sa magnitude absolue est de 15,4 – ce qui signifie qu’elle est 13.000 fois moins lumineuse que le soleil.
    Alpha Centauri est beaucoup plus intéressante. Sa composante A est une toile de spectre G2, de magnitude apparente –0,01. Sa masse et son rayon sont respectivement 1,1 et 1,06 fois ceux du soleil et sa magnitude absolue est de 4,34 ce qui correspond à une luminosité d’à peine plus d’une fois et demi celle du soleil. On l’aura compris : Alpha Cantauri A est quasiment une étoile jumelle de la nôtre ! La composante B a une magnitude apparente un peu plus faible : 1,35. C’est une étoile au spectre de type K1. Sa masse et son rayon sont 0,99 et 0,87 fois ceux du soleil. L’écart entre les composantes est de seulement 15’’.
    Distant de la Terre de 4,36 années-lumière, le système double a une magnitude apparente de –0,1 ce qui fait de Alpha Centauri la troisième étoile la plus brillante du ciel, après Sirius et Canopus.
    Alpha Centauri est également connue sous les noms de Toliman et de Rigil Kentarus – qui signifie en arabe “ le pied du Centaure ”.

    Ce qui précède est ce que nous apprend la science. En résumé : la principale composante du système stellaire le plus proche de la Terre est une étoile pour ainsi dire jumelle de notre soleil ! Voilà une information qui ne pouvait laisser indifférent les écrivains de Science-Fiction. Le pas fut donc bientôt franchi, qui consistait à extrapoler : une étoile jumelle a toutes les chances de posséder un système planétaire comparable à celui de notre soleil, et donc une planète ressemblant à la Terre…

    De fait, cette planète s’appelle Rann et sa capitale est Ranagar. Elle est située à exactement la même distance de son soleil – Alpha Centauri A – que la Terre du sien. Elle appartient à un système planète ressemblant au nôtre – la plus proche planète de Rann s’appelle d’ailleurs Anthorann.
    Evidemment, Rann est peuplée d’individus ressemblant en tout points aux humains, si ce n’est qu’ils sont nettement plus évolués sur le plan technologique.

    Dans le courant de l’année 1954, Sardath, un célèbre scientifique de Ranagar, tente d’attirer l’attention d’une éventuelle civilisation sur Terre. Il commence à émettre un rayon éclairant à destination de notre planète, dans l’espoir qu’il sera capté et suscitera une réponse. Mais en cours de route, une radiation spatiale inconnue convertit ce simple rayon éclairant en un rayon véhiculaire baptisé Rayon Zéta.
    Courant 1958 : Adam Strange se trouve sur le plateau péruvien, dans la Cordillère des Andes. Il est à la recherche de la légendaire cité de Caramanga où se trouverait, dissimulée depuis des siècles, la fabuleuse rançon de l’empereur inca Athahualpa, capturé par Pizarro. De fait, Adam Strange découvre le trésor – et se retrouve immédiatement pris en chasse par ses gardiens. Alors qu’il plonge dans le vide du haut d’une falaise, pour échapper à une pluie de flèches et de lances, Adam Strange est soudain capturé par un étrange rayonnement. Après un bref instant de froid intense et d’obscurité, il se retrouve sur un monde étrange…
    Présentée dans Showcase 17 (décembre 1958), ainsi débute la première aventure d’Adam Strange, sur un scénario de Gardner Fox et dessinée par Mike Sekowsky.
    Une fois sa mission accomplie – sauver l’univers ou peu s’en faut – Adam Strange, alors qu’il allait pouvoir conter fleurette avec la belle Alanna, fille de Sardath, commence à se dissoudre… et se retrouve sur Terre, pour cause d’épuisement de la charge d’énergie emmagasinée par son corps au moment où il fut frappé le Rayon Zéta. Mais bonne nouvelle : au cours des années précédentes, Sardath a émis à de nombreuses reprises son rayon éclairant – et celui-ci s’est transformé chaque fois en rayon véhiculaire. Adam Strange n’a donc plus qu’à calculer le lieu et la date du prochain impact sur Terre du Rayon Zéta, et à se débrouiller pour être au bon endroit et au bon moment, afin d’être télétransporté sur Rann pour retrouver, le temps d’une nouvelle aventure, la belle Alanna.
    Mais c’est une vraie malédiction, car la charge énergétique s’épuise systématiquement à l’instant du baiser final et Adam Strange, frustré comme on le devine mais bien décidé à ne pas en rester là, se retrouve sur Terre.

    Dessinées par Mike Sekowsky, les aventures d’Adam Strange vont paraître dans trois numéros consécutifs de Showcase – un comic-book DC spécialisé dans la présentation de nouveaux personnages, dans le but de les tester auprès du public. Les réactions des lecteurs furent assez positives pour que la série continue – mais pas assez pour qu’elle bénéficie de son propre titre ; aussi Adam Strange, après quelques mois d’interruption, se retrouva-t-il dans Mystery in Space à partir du n°53 (8.1959) dont il restera la série vedette pendant six ans. Le scénariste est toujours Gardner Fox mais le personnage est confié à un autre dessinateur : Carmine Infantino. Pour beaucoup d’amateurs, Infantino est l’un des plus grands dessinateurs ayant œuvré pour DC, dont il deviendra d’ailleurs directeur asrtistique. De fait, sa version d’Adam Strange – 39 épisodes entre 1959 et 1964 – constitue l’une des séries de SF les plus fascinantes de l’époque. Lee Elias reprendra le personnage, pour 10 épisodes en 1964/65 et enfin Gil Kane, qui avait déjà signé quelques couvertures, en particulier la première pour Showcase, réalisera un épisode inédit en 1970, au sein d’une série de rééditions dans Strange Adventures.
    Adam Strange deviendra par la suite un personnage récurrent dans d’autres séries de l’éditeur, dont la Justice League of America ; il connaîtra une résurrection en 1990 sous la plume de Richard Bruning et les pinceaux de Andy et Adam Kubert – mais c’est là une toute autre histoire…

    Les aventures d’Adam Strange ont été publiées chez Artima dès 1959, pour l’essentiel dans Sidéral, dans une version non remontée simplement réduite, avec un décalage de seulement quelques mois par rapport à la publication originale. En 1971, il bénéficia d’une publication au format original et en couleurs.

    Les nombreuses séries et innombrables récits complets de SF publiés par DC au cours de la décennie 1955/1965, constituent pour beaucoup un sommet absolu dans l’histoire de la bande dessinée de science-fiction, seulement comparable à celui atteint – avec une esthétique résolument différente – par la firme EC. Mais alors que les EC sont rapidement devenus un objet de culte et ont fait l’objet de luxueuses rééditions intégrales et de traductions sous forme d’albums, la production DC est restée confinée dans le ghetto des publications populaires, fragiles et se raréfiant avec le temps.

                                                                                                               Cousin Francis


    PS : Les Cousins et Citoyens qui aimeraient lire à bon compte les toutes premières aventures du sémillant Adam Strange, telles que dessinées par le splendide Carmine Infantino, seront heureux d'apprendre que l'incorrigible Cousin, loué soit-il, a de ses petites mains scanné, retouché, maquetté, imprimé puis relié celles-ci, sous la forme d'un bel album en gand format, avec un dos de toile (ouaouh!) à un nombre minusculissime d'exemplaires. On se procure cet objet délicieux en envoyant au cousin un billet de 10€ accompagné de quatre timbres poste tarif lettre - le Cousin n'aime pas faire simple. Il n'y en aura pas pour tout le monde - mais la vie est ainsi faite. On trouve l'adresse postale du Cousin en allant voir à l'article titré Blificc, dans ce même blog. On ne va pas tout vous dire, tout de même.

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