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Vendredi 24 novembre 2006

J'Onn J'Onzz : Détective de Mars


Pour nombre d’amateurs, le Silver Age de la bande dessinée étasunienne commencerait en novembre 1961 avec la parution du mythique n°1 de Fantastic Four. Tandis que pour les historiens du genre, le Golden Age de cette même bande dessinée coïnciderait plus ou moins avec les années 40, et se serait étiolé doucement au tout début des années cinquante – ainsi la dernière apparition de la Justice Society of America en 1951 sonnerait le glas de l’Age d’Or. 1951 d’une part, 1961 de l’autre : il faudrait donc en déduire que pendant dix années, rien ne se serait passé de très excitant outre-atlantique, au royaume de la BD…

Cette assertion semblera peut-être d’une certaine justesse aux aficionados des comics Marvel et/ou à ceux qui, en France, apprirent à lire dans ces merveilleuses publications que furent Fantask, Marvel ou Strange. Mais j’imagine, non sans une certaine satisfaction, la grimace dédaigneuse des vieux lecteurs de certaines publications Artima comme Sidéral, Aventures Fiction ou Big Boy qui précédèrent d’une décennie les titres des Editions Lug cités ci-avant.

Car si le Golden Age s’est sans doute achevé en 1951 – pour tout dire c’est même probable –, il s’est passé bien moins de dix années entre cette mort plus ou moins consensuelle et la naissance – nettement plus polémique quant à sa datation – de ce que l’on a nommé le Silver Age. Et n’en déplaise aux inconditionnels du formidable tandem Stan Lee / Jack Kirby, à l’origine d’une bonne partie du renouveau de la bande dessinée made in Marvel, ce fameux Silver Age est, pour l’essentiel, à porter au crédit de la National Comics Publications, ancêtre de la moderne DC.
Au cours de la première moitié des années cinquante, la National proposait six séries – personnages uniques, duos ou groupes de personnages – bénéficiant d’un immense succès : Superman et Batman paraissaient régulièrement dans au moins huit titres : Action Comics, Adventure Comics, Detective Comics, Batman, Superman, Superboy, World’s Finest et Superman’s Pal Jimmy Olsen – All Star Comics ayant cessé de paraître en mars 1951 ; The Blackhawks et Wonder Woman possédaient chacun leur propre support, même si cette dernière n’était plus aussi populaire que dans les années 40 où elle tenait la vedette dans deux titres additionnels, Sensation Comics disparu en mai 1952, et Comic Cavalcade disparu en juin 1954 avec son n°63 (mais Wonder Woman n’y était plus depuis le n°30 de janvier 1948) ; enfin Green Arrow et Aquaman, bien que ne bénéficiant pas à l’époque de leur propre comic book, figuraient très régulièrement en seconds récits dans les titres les plus populaires. Dans le même temps, la Marvel (Timely) s’enlisait dans des productions le plus souvent fort peu excitantes.

Certes, l’Age d’Or s’éloignait rapidement dans les mémoires des lecteurs – les anciens passaient à autre chose, les plus jeunes n’avaient pas connu le temps où les héros en costume s’étaient engagés contre les forces de l’axe germano-nippon. Mais la période n’en était pas pour autant dénuée de tout intérêt. En coulisses, il se préparait des choses fort séduisantes. Les super héros semblaient sur le point de revenir sur le devant de la scène, probablement bien aidés en cela par le succès d’un nouveau medium : la télévision qui diffusait sur tout le territoire une série extrêmement populaire d’aventures de Superman. Plusieurs éditeurs de comic books qui avaient abandonné les super-héros au profit des histoires de détectives, de jungle, d’horreur, d’humour, de voitures, de sports, etc., tentèrent de créer de nouvelles séries dans l’esprit du Golden Age. Pari au départ risqué – d’autant que le public fut un peu long à réagir.

Ainsi, la National présenta  dans le n°78 de Batman (9/1953) un nouveau personnage assez original, à la fois super-héros, détective et extra-terrestre : Ron Kar, the Manhunter from Mars. C’était un détective d’origine martienne, à la peau verdâtre (comme il se doit), venu sur Terre pour apporter sa contribution à la traque des délinquants. Un concept intéressant et novateur. En fait, il s’agissait d’un test et Ron Kar ne vécut que le temps d’une aventure, mais il annonçait le vrai Martian Manhunter. Au cours de l’hiver 1955, un certain J’Onn J’Onzz, alias John Jones, apparut dans Detective Comics. Il venait de Mars, il avait la peau verdâtre et il traquait les criminels. Mais à l’inverse de son prédécesseur Ron Kar, J’Onn J’Onzz connut une belle longévité.

J’Onn J’Onzz Manhunter from Mars

Quelque part sur Terre, le professeur Mark Erdel expérimente une machine dont il est l’inventeur : un cerveau robot (Robot Brain, dans le texte) supposé être l’ordinateur le plus puissant jamais réalisé. Erdel compte l’utiliser pour percer les mystères de l’univers. Hélas, l’expérience tourne court. A défaut d’explorer le cosmos, Robot Brain soustrait un habitant de Mars à son monde d’origine et le téléporte dans le laboratoire du savant.

Le visiteur involontaire, un certain J’Onn J’Onzz, prend plutôt bien la chose. Après avoir écouté poliment les explications de Erdel, il se contente de ce simple commentaire : « J’ai bien compris. Maintenant, si cela ne vous dérange pas, faites-moi repartir sur ma planète. ».

Hélas, la surprise a été telle pour le vieux savant – imaginez un colosse verdâtre de deux mètres qui apparaît au beau milieu de votre salon alors que vous êtes en train de tester le décodeur pirate que vous avez bricolé pour recevoir Canal Plus en clair – que son cœur n’y résiste pas.

Comme tout extraterrestre digne de ce nom qui se retrouve coincé sur Terre, le martien prend une identité secrète et se trouve bientôt un job de défenseur de la veuve et de l’orphelin. Smallville a déjà son Clark Kent journaliste – Middletown, Illinois, aura son John Jones inspecteur de police. Cet épisode de présentation du héros est publié dans Detective Comics 225, en 1955 – on peut le lire à moindre frais, réédité dans World’s Finest 226.

Coïncidence amusante, trois ans plus tôt, soit en 1952, un certain Isaac Asimov, alors auteur de science-fiction plus tout à fait débutant mais encore loin d’être devenu l’une des super-stars du genre, entame sous le pseudonyme de Paul French, la publication d’une série de romans destinés à la jeunesse, narrant les fabuleux exploits de David « Lucky » Starr. Or, le compagnon de Lucky Starr n’est autre qu’un adolescent sympathique et bagarreur d’origine martienne et dont le nom, le croirez-vous, n’est autre que John Jones !

Le succès des aventures de John Jones, le détective, est immédiat. Il faut dire qu’il tombait à pic, notre martien vert : en pleine vague de soucoupes volantes !

Difficile aujourd’hui de prendre la mesure de ce véritable phénomène de société que fut, au cours de la décennie d’après-guerre, la problématique OVNI. Une étude passionnante reste d’ailleurs à mener, non sur la nature du phénomène lui-même sur lequel tout et son contraire a été écrit, mais sur la manière avec laquelle il fut perçu, étudié, vécu de l’intérieur et au quotidien, par des milliers de personnes, certaines y ayant consacré toute leur vie. A l’évidence, le phénomène OVNI fut un des chocs qui a le plus profondément marqué l’Amérique au cours de la seconde moitié du vingtième siècle, un de ces événements aux répercussions planétaires comme la crise de 1929, la seconde guerre mondiale ou l’incroyable bouleversement politique, culturel et social des années soixante.

John Jones tombait donc à pic pour devenir le parfait super-héros de son temps ! Car le choc OVNI n’épargna évidemment pas les comicbooks.

Dans les années quatre-vingt, j’avais l’habitude d’acheter aux USA, par correspondance, des petits lots de comics anciens non triés, du vrac en état moyen mais à bas prix. Cela m’a permis de me constituer une collection intéressante, sans doute de peu de valeur marchande mais source de plaisir intense. Je me souviens en particulier d’un arrivage de comics de la période 1948/1958, non répertoriés comme relevant de la science-fiction ou des super-héros, mais contenant un nombre très élevé de récits mettant en scène des soucoupes volantes. Ainsi, l’histoire vedette du numéro 26, daté mars 1948, de Boy Commandos, un comicbook plutôt consacré aux aventures policières, était titrée Invasion from Out of Space – les soucoupes volantes y sont décrites comme étant des disques autopropulsés faisant le tour de la Terre à la manière de boomerangs, utilisés pour nous observer par des extraterrestres venus assécher notre planète et installés en secret dans une petit île. Dans le même lot, Adventures into the Unknown 13, daté octobre 1950, proposait une histoire sur le même thème « ils sont parmi nous » titrée Menace from Mars – dans cette histoire, un homme parvient à détourner une soucoupe volante martienne. Plus étonnant encore car intégré dans le quotidien de l’époque : dans Superman’s Pal Jimmy Olsen 18, daté février 1957, une absence de Superman est justifiée en une case, au détour d’une histoire sans le moindre rapport (le récit est centré sur un robot qui devance Jimmy Olsen et a le scoop avant lui), par le fait qu’il est occupé à étudier des météores plats et circulaires – Superman s’exclame : « Ha, ha ! So this is the Flock of Flying Saucers seen recently, that was preparing to Invade Earth ! They’re Merely Flat, Circular Meteors! The Authorities kept it secret from the Country, Fearing a Panic !”.

A quelle sauce n’a-t-on pas, en ces années-là, cuisiné les soucoupes volantes ?

Quelle ironie, dans ce contexte, de constater que le seul vrai martien habitant notre planète n’a eu besoin d’aucun subterfuge pour y arriver – et que, pour tout dire, il aimerait plutôt rentrer chez lui, en toute discrétion ! Extraterrestre comme son collègue Superman, il profite lui aussi de ce changement d’environnement planétaire. La Terre étant plus proche du soleil que Mars, John Jones se retrouve dotés de divers pouvoirs. Il possède une supra-vision – « This Time my Ability to See Through Solids is Paying Off » pense John Jones en apercevant un cambrioleur, dans Detective Comics 228 – , est capable de voler et peut arrêter des balles à super vitesse. Dans les premiers épisodes, il possède même des pouvoirs encore plus étonnants : il peut devenir invisible, est doué de précognition, peut influencee les pensées d’autrui, modifier les forme de son corps – par exemple en l’allongeant… il peut même jouer au passe-muraille comme dans l’épisode Escape to the Stars, publié dans Detective Comics 228 : commentaire : « The Man from Mars concentrates his Will – And a Moment later, The Impossible happens as.. » ; pensée du personnage : « This is the Best Way to Enter a Room when you’re on the Track of a Crook ! ». Le fait que ces super-pouvoirs aient rapidement disparu n’a jamais été expliqué. En fait, les scénaristes ont tout simplement cessé d’y faire appel, sans doute pour donner au personnage une dimension plus humaine tout en le différenciant de Superman.

Dernier point de ressemblance entre les deux héros : l’existence d’un sérieux talon d’Achille. J’Onn J’Onzz perd tous ses pouvoirs à proximité d’une flamme, détail gênant dans la mesure où le feu est tout de même un élément plus commun que la kryptonite.

John Jones ira d’aventure en aventure dans Detective Comics 225 à 326. Remplacé dans le n°327 par Elongated Man, il sautera sans interruption et toujours en back up feature, dans House of Mystery où il sera publié du 143 au 173 (daté juin 1964). Avait-il été jugé moins populaire et donc relégué dans un titre moins prestigieux, ou au contraire suffisamment populaire pour contribuer à un redressement des ventes par sa présence ? On ne sait. En tout cas, la popularité du personnage fut très grande – il eut même l’honneur d’inaugurer la formule du team-up, deux héros dans une aventure commune, dans The Brave and the Bold 50, en compagnie de Green Arrow.
Dernier mérite mais non le moindre du personnage : il fut l’un des co-fondateurs de la prestigieuse Justice League of America, moderne résurrection de la Justice Society du Golden Age. La JLA apparut pour la première fois dans The Brave and the Bold 28. Le succès est immédiat et, après avoir encore figuré dans les numéros 29 et 30, la fine équipe de super-héros obtient son propre comicbook en octobre 1960.

J’Onn J’Onzz participera activement aux premiers épisodes – il apparaît comme membre à part entière dans les numéros 1 à 23, 26 à 28, 33, 36, 40, 41, 44, 52, 59, 61 et enfin dans le numéro 71, daté mai 1969, pour un curieux épisode titré And so My World Ends ! qui, pour diverses raisons sur lesquelles nous reviendrons, n’appartient plus à la période classique du personnage mais participe à une seconde manière. Lorsque paraît cet épisode, J’Onn J’Onzz ne possède plus sa propre série depuis tout juste cinq ans – sa dernière apparition dans The House of Mystery remonte, comme précisé ci-avant, à juin 1964. Le personnage se contente d’une place au sein de la JLA – les beaux jours du Silver Age ne sont plus… On ne peut que regretter que le martien détective n’ait pas été confié à un artiste régulier de la trempe d’un Carmine Infantino, dessinateur de Adam Strange, ou à un scénariste talentueux et féru de science-fiction comme le regretté John Broome. Sa carrière en eut été probablement très différente.

Le Nouveau J’Onn J’Onzz

La seconde carrière du chasseur d’hommes de Mars débute, nous l’avons dit, dans le numéro 71, daté mai 1969, de Justice League of America, avec un épisode curieux, And so my World Ends !, du au scénariste Denis O’Neill.

Cet épisode apporte de nombreux renseignements sur l’origine du personnage.

J’Onn J’Onzz n’est plus seulement présenté comme un scientifique martien mais comme le Commandant en chef des Desert Dwellers, des martiens à peau verte en guerre contre le Peuple du Pôle à la peau blanche, mené par le Commander Blanx. Les deux peuplades se battent avec acharnement pour la possession de l’unique source de chaleur de la planète, une sorte de montagne énergétique en forme de sapin de Noël : la Blue Flame. J’Onn J’Onzz souhaite que cette énergie soit utilisée pour construire des vaisseaux spatiaux, alors que son rival Blanx ne pense qu’à se l’approprier à des fins personnelles – celles-ci ne sont pas clairement établies dans le premier épisode. Les deux hommes s’affrontent alors en un combat singulier dont l’issue déterminera la victoire d’un clan sur l’autre. J’Onn J’Onzz est vaincu par traîtrise et ses hommes, privés de leur chef, ne peuvent résister aux guerriers du Pôle. Plutôt que d’exécuter le perdant, avec le risque d’en faire un martyr, Blanx l’exile en un lieu désert pour une durée de treize années martiennes. C’est pendant la première année de son exil que J’Onn J’Onzz est capturé malgré lui par le Robot Brain du professeur Erdel.

Il aura donc fallu attendre quinze ans pour que les lecteurs terriens apprennent cela ! On sent bien, dans ce premier épisode, la volonté du scénariste de remodeler complètement le personnage en le plaçant en perspective d’un passé jusque-là ignoré, dans le but de l’entraîner dans un conflit interplanétaire. Un changement bien ambitieux pour ce qui n’était qu’une modeste série d’aventures policières.

Depuis son arrivée sur Terre en 1953, le temps est vite passé pour J’Onn J’Onzz, et l’équivalent de treize années martiennes s’étant écoulé, il décide de retourner sur sa planète – c’est d’ailleurs ce qui explique son absence de la Justice League of America pendant dix mois, entre les numéros 61 et 71. Le héros est en effet parvenu à se réexpédier sur Mars à l’aide du Robot Brain – mais il découvre un monde en ruines… Car des extraterrestres originaires d’une planète du système d’Antarès ont contacté l’infâme Blanx afin de négocier l’acquisition de Mars et de ses richesses minières, mais à condition que la planète soit livrée débarrassée de sa population. Utilisant un astronef fourni par les futurs acquéreurs, Blanx a bombardé l’arbre de la Blue Flame d’un rayonnement qui a eut pour conséquence fâcheuse de libérer d’un coup la mystérieuse source d’énergie : celle-ci est en train de tout détruire sur son passage.

J’Onn J’Onzz qui ne possède sur sa planète aucun pouvoir particulier est réduit à l’impuissance devant la catastrophe en cours. Faisant appel aux connaissances acquises lors de son séjour sur Terre, il entreprend de construire une arche stellaire pour procéder à l’évacuation des derniers survivants du peuple des déserts. Commence alors une implacable course contre la montre. Mais il apparaît bientôt que le vaisseau risque de ne pas être prêt à temps. J’Onn J’Onzz utilise alors le peu d’énergie qu’il reste dans le Robot Brain pour se téléporter une dernière fois sur Terre afin de demander l’aide de ses compagnons de la Justice League.

Hélas, mille fois hélas, celle-ci ne peut pas faire grand-chose devant l’étendue des dégâts. Mais pour tout dire, ce n’est pas très grave, en définitive, puisque les martiens ont réussi à terminer leur arche et ont évacué Mars pour une destination inconnue. Seul l’infâme Blanx est resté sur la planète par sa faute dévastée – et il mourra dans un ultime combat contre son rival.

J’Onn J’Onzz récupère alors le vaisseau d’Antarès utilisé par Blanx et, après avoir fait des adieux à ses copains de la JLA, il se lance sur les traces de l’Arche Stellaire dans l’espoir de retrouver son peuple. Fin de l’épisode…

En définitive, ce qui avait été présenté comme une renaissance du personnage, devant déboucher sur une nouvelle série, s’avère une sorte de chant du cygne. Car rien ne se passe au cours des mois suivants. Exit J’Onn J’Onzz.

Cela aurait pu, en effet. Et cela aurait sans doute mieux valu…

Il faudra attendre trois années pour que les fans du Manhunter retrouvent leur héros préféré. Encore qu’il soit possible de se demander si, dans ces années septante où la Marvel pulvérise par ses ventes l’empire DC, il reste des fans du Manhunter. J’Onn J’Onzz fait sa réapparition aux côtés de Superman, dans World’s Finest 212. On apprend qu’il a bien retrouvé l’Arche martienne en suivant une trace d’anti-matière ionisée (pratique !) jusque la planète Vonn, quatrième du système du Cygne. Une planète déserte – car ses habitants ont du l’abandonner pour échapper à la menace des Thythen et de leurs Robocharges, des androïdes énormes qui fonctionnent en absorbant l’énergie vitale des êtres vivants. En fait, les martiens ont été capturés par les Thythen pour recharger leurs robots. Mais en plus de leur énergie vitale, ce sont les esprits mêmes des martiens qui se retrouvent dans les Robocharges, ce qui leur permet d’en prendre le contrôle et de les retourner contre leurs maîtres. A noter qu’un Thythen ayant échappé au massacre sera finalement battu par Superman.

A nouveau trois années s’écoulent avant que les lecteurs n’aient la suite de cette histoire. Dans Justice League of America 115, daté janvier 1975, on apprend que les martiens installés sur Vonn sont désormais sous la coupe d’un colosse monstrueux, Korge, qui menace de les exterminer si la JLA ne relève pas le défi que celui-ci lui lance. J’Onn J’Onzz repart une fois encore sur Terre afin de convaincre ses vieux copains de venir combattre Korge. Comme prévu, Superman, Green Lantern, Atom et Flash, parviennent, en combinant leurs pouvoirs, à mettre une bonne correction à un Korge un peu trop sûr de lui. Avec cet épisode, on se demande si le personnage a encore quelque chose à apporter aux lecteurs ? Il continue pourtant d’apparaître de temps en temps, histoire de remplir quelques pages de l’un ou l’autre comicbook de chez DC, comme pour se rappeler au bon souvenir des vieux fans.

Deux années passent et la saga redémarre une fois de plus. Nous retrouvons J’Onn J’Onzz sur Vonn, rebaptisée Mars 2, pour une histoire longue et compliquée, avec traîtrise, coup de théâtre et retournement inattendu, faux assassinat politique et j’en passe, tout cela dans le but de faire retourner notre martien préféré sur Terre afin qu’il se batte contre la JLA. Cette histoire filandreuse débute dans Adventure Comics 449, se poursuit dans les numéros 450 et 451, et s’achève dans World’s Finest 245.

Est-ce enfin terminé ?

Non, après une nouvelle éclipse de trois années, J’Onn J’Onzz réapparaît en dernière page de JLA 177 ; quelques mois plus tard, on l’aperçoit dans DC Comics Present 27 ; il faut attendre 1983 pour lui voir jouer un rôle un peu plus consistant dans JLA 200…

Après ça, j’avoue avoir cessé de tenir les comptes des petites apparitions d’un personnage qui fut emblématique du Silver Age et que l’on aurait mieux fait de laisser disparaître tout doucement à la fin des années soixante…

                                                                                                                                                   Cousin Francis
                                                                                                                                           (24 novembre 2006)


PS : les amateurs curieux qui souhaiteraient faire plus ample connaissance avec ce personnage méconnu de la BD étasunienne sont invités à se procurer un charmant petit album qui reprend sept histoires complètes, dans leurs versions françaises telles que publiées dans les années cinquante, en noir et blanc, sous une couverture en couleurs. Comme pour toutes les amuseries fanéditoriales du Cousin, la fabrication est des plus artisanales et le tirage minusculissime. Pour recevoir ce délicieux objet, on envoie sous enveloppe discrète un billet de cinq euros ainsi que trois timbres poste à 0,54€ (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). A qui ? Mais au Cousin : Francis P. Valeri-Dostert, 3, Le Canton, 33620 Cubnezais. Tous ensemble : "Quelle Chic planète !"
par Cousin Francis publié dans : BD SF : Petite Encyclopédie Bibliographique
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