BLIFICC n°13
Bulletin de Liaison Informel et Familial à l’Intention de nos Cousins & Concitoyens
Bien chers cousins,
Nous voilà déjà presque à la fin du mois d’octobre et nous continuons d’attendre l’été. D’un côté la chaleur n’est pas spécialement notre tasse de thé… alors nous ne nous plaindrons pas de ne pas avoir été cuit et recuit ; de l’autre grand est notre plaisir d’aller batifoler au jardin histoire de s’empiffrer de cerises, prunes, pêches, framboises, fraises, groseilles… et que sais-je encore. Or, pas de soleil = point d’empiffrage. Pour tout dire, les récoltes ont été quasi nulles. Et si nous avons cueilli hier les dernières (nombreuses) figues, il faut bien admettre qu’elles n’ont pas beaucoup de goût… et qu’elles sont tout juste bonnes, aditionnées de force rondelles de citrons (non traités : on garde l’écorce !) pour rehausser gustativement la purée, à finir en compote, histoire de colorer le fromage blanc. Triste. Quant aux fraises remontantes, elles remontent… avant de se mettre à pendouiller lamentablement par grappes entières aux rebords des gouttières dans lesquelles nous les cultivons, désespérément blanchâtres. Les grenades ne sont pas venues à maturité et nous croisons les doigts pour que les kiwis attrapent encore un peu de soleil avant les premières gelées – mais nous n’y croyons guère. Côté légumes, ce fut aussi désespéré. En définitive, nous ne mangerons cet hiver que des topinambours : car ce fut une formidable année à topinambours. Comme l’aurait dit ma grand-mère si elle avait été encore de ce monde : « C’est toujours ça que les allemands n’auront pas ».
Du côté de ses petites éditions, comme annoncé dans le précédent Blificc, le cousin a bien procédé à la fabrication – onéreuse – d’un Spatial 22 présentant les 20 premières planches du dimanche de la série culte Terres Jumelles, en version bilingue et en couleurs (pour la partie française) ; puis le Spatial 23, lui aussi partiellement en couleurs, fut consacré aux merveilleux Chevaliers Atomiques, une série souvent citée par nos correspondants en attente de son édition en albums.
Et pour la suite ?
Eh bien, on peut dire que l’année 2008 va s’achever en beauté. Le Spatial 24 sera consacré à Darwin Jones.
Comme nous le disions dans le précédent Blificc, n’hésitons pas à pratiquer l’auto-citation, Darwin Jones est le plus méconnu et le plus oublié des héros de SF du Silver Age DC. Ses aventures sont situées sur Terre, à l’époque de leur publication. Il ne bénéficie d’aucun équipement spécial et n’a pas de don particulier – si ce n’est un esprit d’analyse particulièrement affûté, ce qui s’avère fort utile en sa qualité de Directeur du DSI, le Department of Scientific Investigation – Centre de la Recherche Scientifique, Département de la Recherche Scientifique ou encore Département Scientifique selon les divers (et anonymes) traducteurs de chez Artima. A ce sujet, notons que dans le premier épisode traduit, le nom du personnage est francisé en Jean Darwin… comme le fut un certain Adam Strange devenu, le temps d’un épisode, Etrange Adam !
Darwin Jones fut tout de même le premier personnage récurrent présenté dans les pages de Strange Adventures : sa première aventure, dessinée par Paul Norris sur un scénario de David V. Reed, est en effet au sommaire du n°1 (8/9.1950), placée immédiatement après l’histoire vedette de ce numéro, l’adaptation en BD du film Destination Moon. Il apparaîtra à 13 reprises dans Strange Adventures, entre 1950 et 1964 – mais sans aucune régularité et avec des périodes d’absence de plusieurs années !
Quatre épisodes seulement ont été traduits et publiés dans Aventures Fiction en 1958/59, et jamais réédités à ma connaissance – le personnage ne fait pas beaucoup mieux chez lui où seul un épisode, le dernier, a fait l’objet d’une réédition dans From Beyond the Unknown en 1972.
Quant au Spatial 25, cette fois encore, ça va être du lourd !
Quel est le plus grand dessinateur étasunien de SF des années soixante ? Facile : Carmine Infantino – dont Adam Strange et Space Museum figurent déjà au catalogue de l’étonnante collection Spatial. Quelle est la série la plus géniale et méconnue de Carmine Infantino ? Facile : Strange Sports Stories ! Tout le monde en parle mais personne ne l’a lue – et ceux qui croient l’avoir lue ont lu, en réalité, la série de 1973/74, traduite pour partie dans Hercule et Flash, mais dont les treize aventures (réparties sur les six numéros du comic-book) sont dessinées par Curt Swan, Irv Novick, Dick Giordano et John Rosenberger. Non, non ! Le cousin parle des dix aventures parues en 1962/63 dans The Brave and the Bold, scénarisées par Gardner Fox et John Broome, dessinées par Infantino et encrées par Joe Giella, Sid Greene et Murphy Anderson.
Le problème, c’est que les originaux sont fort peu achetables… seules quelques histoires ont été rééditées dans des comic-books des années septante nettement moins cotés mais qui circulent peu… et vous pouvez toujours éplucher vos collections de Sidéral, Big Boy et autres Aventures Fiction, vous n’en trouverez aucune traduction. Simplement parce que Monsieur Artima ne savait pas bien où caser ces récits mêlant sport et SF. Evidemment, c’est là que le cousin intervient. Le cousin est cinglé, on le sait : depuis l’adolescence, il collectionne tous les périodiques de BD ainsi que tous les petits formats, en particulier ceux de chez Artima. Serait-ce pour les lire ? Pas vraiment. C’est plutôt pour traquer la moindre BD de SF, de préférence dans les supports les plus improbables. Et Dieu sait si Artima s’y connaissait en improbabilité, disséminant des récits fondamentaux (le premier John Jones, des Musée de l’espace, des Adam Strange, des Chevaliers atomiques…) dans des titres a priori sans le moindre rapport avec la SF. C’est ainsi que le cousin, louée soit son obstination pour ne pas dire son obsession foutraque de tout éplucher, savait, depuis une plus ou moins belle lurette, que les Strange Sports Stories de Carmine Infantino – les vraies – avaient été traduites, au moins en partie, dans un petit format des années soixante dont on ne parle jamais et que personne (à part les irréductibles de Brantonne) ne collectionne : Johnny Speed.
Merci qui ? Merci le cousin, dont le karma devrait s’améliorer grâce à cette belle et admirable action : l’édition en albums de quelques-unes de ces perles infantiniennes.
A tout bientôt, jeunes gens.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||