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Mercredi 14 mars 2007
    Cher Monsieur Roussel,

    C’est avec une réelle satisfaction que j’ai, ce jour, découvert votre lettre au sein du courrier aimablement déposé par la factrice au fond de ma boîte : un modèle standard, agréé par la Poste, fixé sur le petit muret qui signale la frontière nord du Domaine, le long d’un chemin communal mais néanmoins goudronné.

    Pour être plus précis, la satisfaction prit corps sitôt votre enveloppe ouverte et un chèque, ci-dedans découvert, d’un montant de 53,77€, somme relativement croquignolette surtout en ces temps où les rappels d’URSSAF et les remboursements d’APL s’ajoutent à la dureté ordinaire des temps.

    Pour être tout à fait précis – on peut toujours l’être davantage – la satisfaction atteignit son comble en découvrant que le chèque honorait une commande de quelques-unes de nos petites fariboles, à savoir le tout nouveau Mélanges (volume 8), le premier volume des aventures d’Adam Strange et un abonnement de six numéros à A&A, le navire amiral de notre flotille fanéditoriale.

    Chic planète !

    D’autant plus que la commande avait été suscitée par la lecture de Blificc 3 – pour tout vous dire, c’est la première fois que quelqu’un nous commande quelque chose suite aux informations sur nos activités passées sur ce blog. « Yès ! » comme disant les d’jeunzs, en mimant, l’avant-bras levé et le poing serré, un tirage de chasse d’eau virtuelle.

    Sitôt aperçu, le chèque fut aussitôt contresigné et décrit sur un bordereau de dépôt afférent ; le bordereau fut ajouté à la pile du courrier et des petits paquets préparés au cours de la matinée ; l’ensemble fut fixé à l’arrière de mon vélocipède et, d’une brillante succession de puissants coups de pédale dont j’ai le secret, je m’auto-transportai jusqu’à la poste du village.

    Routine, routine : le matin, je fais du courrier et des paquets ; à quatorze heures, sitôt passée la factrice, je file à la Poste déposer les chèques tout frais arrivés ainsi que le courrier du matin ; de retour chez moi, je glandouille un peu et, éventuellement, commence à bidouiller un peu le courrier – car soyons juste : le dépôt de vos chèques passe avant la lecture attentive de vos messages…

    Et là, ce soir, ce fut l’horreur !

    Cthulhu me fasse venir les pustules au cul et Nyarlathotep me fasse raccourcir les bras que je ne puisse pas me les gratter ! Honte sur moi et ma descendance jusqu’à la nonante-neuvième génération ! Car dans la hâte de déposer votre chèque, j’oubliai de vérifier si – petit canaillou ! – vous aviez bien précisé votre adresse sur le bon de commande (niet !), sur la lettre d’accompagnement (reniet !), sur le dos de l’enveloppe (rereniet !).

    Eh oui ! Ou plutôt eh non ! Cher Monsieur Roussel, vous n’avez nulle part mentionné votre adresse ! Et je n’ai plus accès à votre chèque !…

    Il ne vous reste donc plus qu’à me la faire parvenir, d’un petit coup de mail au cousin : francis.valery@mail.be

    A tout bientôt.

                                                                              Le cousin.
Par Cousin Francis - Publié dans : Blificc
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Dimanche 4 mars 2007
BLIFICC n°3

Bulletin de Liaison Informel et Familial à l’Intention de nos Cousins & Citoyens


Chers Cousins et Citoyens,

Ma foi, le Cousin Francis n’a pas trop mal travaillé.

Mélanges

Les huitièmes Mélanges sont enfin parus. Ouf ! Ce sont les plus gros depuis la création de la série – ce sont aussi les plus beaux. Conséquence : ce sont ceux qui ont coûté le plus cher à réaliser… c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont traîné sur la fin puisqu’il a fallu les imprimer en quatre fois, au fur et mesure de quelques rentrées financières. Une petite reproduction valant mieux qu’un long descriptif, vous trouverez ci-après la page Sommaire. Vous verrez que, cette fois, nous avons forcé sur les essais. Curiosité entre les curiosités : une présentation détaillée et fort brillante du Seigneur des Anneaux, datée de 1956, soit bien des années avant la traduction de l’ouvrage ; il s’agit sans doute de la première mention de cette œuvre dans notre pays. Ces huitièmes Mélanges se présentent par ailleurs sous une couverture en couleurs, imprimée sur de la carte photo 200g ; et la reliure a été réalisée avec de la toile tramée métallisée, un des nouveaux matériaux que nous testons (voir plus loin).

A&A

En janvier est paru un numéro double d’A&A entièrement consacré à Jack Williamson, disparu l’an dernier. Outre un essai sur l’auteur, ce numéro réédite la novella à l’origine du roman le plus connu de Williamson, Les Humanoïdes. Cette belle livraison se présente sous une couverture cartonnée en couleurs, reproduction de celle du numéro d’Astounding SF dans lequel la novella  figurait en texte vedette ; les illustrations originales d’époque, inédites en France, figurent en prime cette édition.

BD

Du côté des BD mises en souscription dans Blificc 2, deux sont parues. Tout d’abord le premier volume de l’édition complète du RADAREX de René Brantonne et Jack de Brown : les quatre premiers épisodes, soit 61 planches au total. Ensuite le premier tome (il y en aura deux) de la première aventure (il y en a deux) de DON CONQUEST, la série anglaise de Kelman D. Frost (scénario) et H. Winslade (dessins), parue en 1954/56. Même présentation pour ces deux volumes : grand format, couverture en couleurs sur carte photo, dos toilé.

Par ailleurs, nous avons procédé à la réimpression du premier volume de notre projet d’intégrale du FULGUROS de René Brantonne ; rappelons que ce volume au format italien présente l’ensemble (rarissime et qui n’avait jamais été réédité) des planches parues dans Pic & Nic ainsi que les deux versions du récit complet Artima « Le fils du Radjah ».

Et enfin, une nouvelle édition des Belles Histoires consacrées à John Jones a été réalisée. Un petit problème d’imprimerie sur la première tranche du tirage (un décalage un peu intempestif de certains recto-verso) avait empêché de fignoler les albums (numérotés 1 à 20) au massicot (ça aurait trop réduit les marges) ; comme si ça ne suffisait pas, une mauvaise manipulation informatique (le passage d’une machine à l’autre, avec des versions différentes d’un même logiciel) m’a fait perdre la maquette de la couverture. Couverture refaite avec des illustrations agrandies, le John Jones a donc été réimprimé au mieux – la couverture en couleurs a également bénéficié de carte photo 200g.

Matos

Le Cousin s’est payé une nouvelle imprimante qui fonctionne avec des encres enrichies en résine et il a découvert chez son e-papetier des ramettes de carte blanche 200 g. en qualité photo. Bilan des courses : des couvertures en couleurs d’une qualité maximale ! A un coût… maximal ! Rappelons que l’idée n’a jamais été de gagner de l’argent avec nos petites éditions mais d’essayer de redonner vie à des BD oubliées voire ignorées, certes à tirage minusculissime mais le mieux possible. L’ouverture d’une boutique sur ebay a fait un peu connaître ce travail et le gang des rescapés du jurassique s’est enrichi d’une dizaine de dinosaures.. Les bricoles vendues aux nouveaux venus ont financé l’achat de l’imprimante.

Par ailleurs le Cousin continue de fureter chez les revendeurs de matériaux en tout genre, histoire de voir ce qui pourrait être utilisé. Ces temps-ci nous sommes tombés (sans nous faire mal, je vous rassure) sur de la toile adhésive métallisée tramée, en rouleaux de 5 cm de large, utilisée semble-t-il dans l’industrie automobile pour des travaux d’isolation. Nous l’avons détournée pour la reliure des Mélanges d’où un bel effet classic sci-fi tendance Star Trek. Dites-nous ce que vous en pensez.

A suivre

Le premier numéro d’A&A est sorti en mars 1977. Le prochain aurait dû être un somptueux numéro spécial trentième anniversaire. Nous aurions bien aimé. Mais le moral n’est pas au rendez-vous. Le prochain A&A sera donc un hommage à Patrice Duvic, décédé il y a quelques jours – après Michel Demuth il y a quelques semaines. Ben oui, on arrive à l’âge de la perte des compagnons de route. Et ça nous fait toujours quelque chose, même lorsqu’il s’agit de compagnons lointains. C’est la vie. Nous fêterons notre anniversaire un peu plus tard – si nous-mêmes sommes encore de ce monde.

Côté BD, nous lançons trois nouvelles souscriptions – histoire de garder l’équilibre. A vos chéquiers donc, pour le tome 2 (et final) de Don Conquest : Les Enfants de l’Espace ; et pour le second volume de notre Intégrale Fulguros qui reprendra les deux autres récits complets parus chez Artima au format italien : Les robots géants et L’Elixir de jeunesse. Enfin, nous travaillons déjà sur une belle édition des bandes quotidiennes de Tom Corbett, Space Cadet : le premier volume présentera la première aventure du fameux trio de cadets de l’Académie de l’Espace, parue à l’origine du 10.9.1951 au 3.1.1952. Nous utiliserons la seule édition française parue dans Super Boy, mais en la restaurant. Grâce aux originaux étasuniens en notre possession, certaines planches de la traduction seront remontées pour inclure des vignettes originales oubliées ou... censurées (à l’époque tout le monde rhabillait les filles et gommait les scènes de bisous !). C’est un gros boulot mais ça vaut la peine. Chic planète !

Recherches

Pour mener à bien nos petits projets fanéditoriaux, nous recherchons en permanence des bricoles. En voici une liste partielle :

Super Boy 157, Commando 22 (1961), Commando 150, Bip Fiction 2 et 6 (1958), Rancho Spécial 13 à 23 (1959, je crois), Plutos 40, 42 à 45, 48, 49 (1953/54), Pampa 6 à 9, 11 à 20, 22 à 29, 31, 32 (1955/57), Blek 7, 8, 10 à 12, 14, 15, 18, 22, 23 (1963/64), Hondo 109, 111, 114 (1965/66), Spécial Rodéo 15 (1965), Nevada 256 (1969), Djin 1 à 3, 5, 7, 8 (1959), Capitaine Rob 5 à 10, 12 à 14 (1960/62), Big Boy/Boss Artima 17, 40, 59, Big Boss Arédit 29, 58, Sidéral Artima 26 (format Artima), 32, 39 à 42, Météor 129, 131, 141, 149, Astrotomic Viso Fiction 23, 24, 29 à 33, 38, 42, 48, 49, Super Boy 24, 36, 38, 39, 41, 48, 49 à 51, 66, 95, 96bis, 98, 104 à 106, Auranella 7, 11, 14, 21, 22, 26 et suivants, Astrella 1, 3 à 5, 7 à 10, 12, 14, 17, 18, 20, 22 et suivants, Fantasia 1 (1957), 6, 10 à 12, 15, 20, 38 à 40, 42, 44, 46 à 48.

Dans certains cas, nous serions parfaitement satisfaits par de bonnes photocopies. Le cousin étant chroniquement fauché, toute proposition d’échange sera la bienvenue ! Notre religion nous autorise à accepter les cadeaux.

Au sommaire des Mélanges 8

Fictions
Le labyrinthe, par Frank-M. Robinson (Les Temps Modernes n°72, 10.1951).
Hier peut arriver, par Daniel Drode (Encrage n°3, 4.1979)
Variétés et Images
Deux illustrations de Virgil Finlay (The Complete Book of Space Travel par Albro Gaul,1956)
L’Automobile : un avenir très lointain (Almanach Ouvrier Paysan 1963, L’Humanité)
L’Appel d’un autre monde, par Charles Torquet, illustrations de Lanos (Je sais tout du 15.11.1906)
La route de demain : pont ou tunnel ? par A. Tharrax (Spirou n°963 du 27.9.1956)
Nouvelles de nulle part et d’ailleurs, recueillies par Jacques Bergier (La Tour Saint-Jacques n°13/14, janvier/avril 1956)
Gag graphique de G. Rum (Blagues n°305, 11.1967)
Notice from Amazing Stories
Essais
Un nouveau genre littéraire : la « science fiction », par Stéphane Spriel et Boris Vian (Les Temps Modernes n°72, 10.1951).
Hommage à Isidore Ducasse Comte de Lautréamont, illustrations de Joël Roche et texte d’André Porquet,  (Horizons du Fantastique n°19, 4.1972)   
Les terres vierges de l’espace, par Pierre Kast (Magazine Littéraire n°31, 8.1969)
4000 ans de Science-Fiction suivi de La Science-Fiction dans le monde, par Pierre Versins (Catalogue de l’Exposition Science-Fiction, Musée des Arts Décoratifs, 1967)
Science-Fiction et Rhétorique des Idées, par Claude Ernoult (Bizarre n°2, 10.1955)
Introduction à la Science-Fiction, par Daniel Drode (Encrage n°3, 4.1979)
Le Seigneur des Anneaux : Une nouvelle épopée ? par Louis Bouyer. (La Tour Saint-Jacques n°13/14, janvier/avril 1956)
Portfolio
Stephen Fabian : quatre illustrations pour Raum de Carl Sherrel.

Bon de commande & de souscription
(à imprimer et retourner)

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Je souhaite recevoir les titres suivants :

  A&A 138, novembre 2004    2.00 €
  A&A 139, décembre 2004    2.00 €
  A&A 140, solstice d’hiver 2004    3.00 €
  A&A 141 Spécial Frank Kelly Freas, janvier 2005    3.00 €
  A&A 142, février 2005    3.00 €
  A&A 143, mars 2005    3.00 €
  A&A 144, avril 2005    3.00 €
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  A&A 146, juin 2005    3.50 €
  A&A 147, juillet 2005    3.50 €
  A&A 148, août 2005    3.50 €
  A&A 149, septembre 2005    3.50 €
  A&A 150, octobre 2005    3.50 €
  A&A 151, novembre 2005    3.50 €
  A&A 152, janvier 2006    3.50 €
  A&A 153, février 2006    3.50 €
  A&A 154, mars 2006    3.50 €
  A&A 155, avril 2006    3.50 €
  A&A 156, mai 2006    3.50 €
  A&A 157, juillet 2006    3.50 €
  A&A 158    3.50 €
  A&A 159/160 Spécial Jack Williamson, janvier 2007    6.50 €
  Les Nouvelles Lunes du Cousin Francis, juillet 2006    1.75 €
  Les Nouvelles Lunes du Cousin Francis, novembre 2006    1.75 €
  Collectif – Mélanges 01, 3ème édition    16.00 €
  Collectif – Mélanges 02, 2ème édition    16.00 €
  Collectif – Mélanges 03, 2ème édition    16.00 €
  Collectif – Mélanges 04, 2ème édition    16.00 €
  Collectif – Mélanges 05, 2ème édition    16.00 €
  Collectif – Mélanges 06, 2ème édition    16.00 €
  Collectif – Mélanges 07    16.00 €
  Collectif – Mélanges 08    20.00 €
  Robert Abernathy – L’Intégrale    épuisé
  Richard Wilson – Les Mystificateurs et autres récits (1951/52)    6.00 €
  Spatial 01 : Taxi de l’Espace, Volume 1    10.00 €
  Spatial 02 : Adam Strange, Volume 1    10.00 €
  Spatial 03 : Destination Lune !    10.00 €
  Spatial 04 : Edmond Hamilton : La Tour du Nouvel An    10.00 €
  Spatial 05 : Taxi de l’Espace, Volume 2    10.00 €
  Spatial 06 : Musée de l’Espace, Volume 1    10.00 €
  Spatial 07 : Zone Interdite : Direction Lune !    10.00 €
  Spatial 08 : Rick Random : Drame dans l’espace    12.00 €
  Spatial 09 : Musée de l’Espace, Volume 2    12.00 €
  Spatial 10 : Radarex, Volume 1    12.00 €
  Spatial 11 : Don Conquest : Les Enfants de l’Espace, tome 1    12.00 €
  Strips & Cie 01 : Tif et Tondu : Les Six Ecus    10.00 €
  Strips & Cie 02 : Fulguros, Volume 1    10.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 01 : Même pas peur !    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 02 : Toujours pas peur !    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 03 : A toute berzingue !    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 04 : Loïs Lane    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 05 : Prince Viking    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 06 : Aquaman    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 07 : Tommy Tomorrow    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 08 : John Jones    5.00 €
  Les Belles Histoires du Cousin Francis 09 : Roy Raymond, Détective TV    5.00 €

Je souhaite recevoir franco de port et à parution les titres suivants :

  Spatial : Ace O’Hara : Le Mystère de la gelée spatiale    12.00 €
  Strips & Cie : Jean d’Armor    12.00 €
  Strips & Cie : Martin Evans : les aventures d’un pilote de l’espace    12.00 €
  Spatial : Don Conquest : Les Enfants de l’Espace, tome 2    10.00 €
  Spatial : Tom Corbett, Space Cadet, Volume 1    12.00 €
  Strips & Cie : Fulguros, Volume 2    10.00 €
  Collectif : Mélanges 09    16.00 €

Je souhaite m’abonner aux Nouvelles Lunes du Cousin Francis à partir du n°____
  Souscription Lunaisons (six livraisons)    10.00 €

Je souhaite m’abonner à A&A à partir du n°____    (abonnement rétroactif possible)
  Abonnement A&A (six numéros)    20.00 €
  Abonnement A&A (douze numéros)    40.00 €

Participation aux frais de port (uniquement pour les volumes déjà parus)
1 volume : 2.90€ / 2 ou 3 volumes : 3.77€ / 4 ou 5 volumes : 4.98€ / 6 volumes et + : 8€

Vous trouverez ci-joint un chèque d’un montant global de _____ €   (participation aux frais d’expédition incluse) établi à l’ordre de Francis P. Valeri-Dostert.

Francis P. Valeri-Dostert, 3, Le Canton, 33620 Cubnezais

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Vendredi 23 février 2007
Les Bonnes Recettes du Cousin Francis

Emincé de Foie de Canard aux Quatre Légumes

Préparation & Cuisson : 60 mn.

Ingrédients (pour quatre personnes)

    400 g. de foie de canard du Périgord
    100 g. de petites pommes de terre nouvelles
    100 g. de petites carottes
    100 g. de flageolets
    100 g. de haricots verts très fins
    1 belle gousse d’ail
    2 c. à soupe d’huile d’arachide
    2 c. à café de curcuma
    2 c. à café de piment de Cayenne
    Poivre gris & Sel de Guérande

Recette

    1 – tremper les flageolets puis les cuire dans une eau non salée, réserver.
    2 – cuire à la vapeur pendant environ 30 mn. les pommes de terre, les carottes et les haricots verts, réserver.
    3 – émincer les foies de canard en longues lamelles, poivrer généreusement puis les cuire à feu vif, à l’huile d’arachide, dans une poêle, réserver.
    4 – émincer l’ail en fines lamelles.
    5 – verser un verre d’eau dans un fait-tout, ajouter le curcuma et le piment, porter à ébullition, ajouter l’ail, couvrir, laisser mijoter 5 mn..
    6 – ajouter les légumes, saler, laisser mijoter 5 mn..
    7 – incorporer les foies, laisser mijoter l’ensemble 10 mn..
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Vendredi 23 février 2007
Les Bonnes Recettes du Cousin

Boulettes à l’Indienne


Préparation & Cuisson : 35 mn.

Ingrédients (pour quatre personnes)

    400 g. de viande de bœuf hachée
    1 petite courgette
    1 carotte moyenne
    2 œufs
    1 c. à café de farine de blé
    1 banane pas trop mûre
    4 lamelles de fromage à gratiner
    1 beau brin de menthe
    Poivre gris & Sel de Guérande
    1 mélange de curry à votre convenance

Recette

    1 – cuire la courgette et la carotte à la vapeur (10 mn.).
    2 – mixer la courgette, la carotte, la viande hachée, la banane et le brin de menthe.
    3 – ajouter le sel et le poivre, ainsi que le curry.
    4 – incorporer la farine de blé.
    5 – ajouter les œufs et battre jusqu'à obtention d'un mélange homogène et lisse.
    6 – façonner à la main huit petites galettes de 1 cm. d’épaisseur.
    7 – poser sur chaque galette ½ lamelle de fromage.
    8 – les envelopper individuellement dans des papillotes de papier sulfurisé.
    9 – cuire à la vapeur (10 mn.).

    Servir avec un chutney de mangue

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Mercredi 21 février 2007

POURQUOI LA SCIENCE-FICTION ?



    On dit que tout se joue au cours de l’enfance et c’est sans doute vrai.

    J’ai grandi dans une cité ouvrière à la frontière du Grand Duché du Luxembourg et de la France. Puis j’ai connu l’exil dans une petite ville de province à la frontière du Maine-et-Loire et de la Vendée.

    Enfant, je ne tirais aucune satisfaction de la fréquentation des autres enfants. Je ne comprenais rien à ce qu’ils me racontaient – forcément, je ne connaissais le nom d’aucun joueur de football, d’aucun participant au Tour de France, je ne savais même pas qui avait gagné les Vingt-Quatre Heures du Mans ; et eux ne comprenaient rien à ce que je racontais – forcément, ils ignoraient les noms latins des dinosaures et les caractéristiques techniques des satellites que Russes et Américains lançaient dans l’espace. A n’en pas douter, j’étais un Martien tombé sur Terre – un Etranger en Terre étrangère à la manière de Valentine Michael Smith, le héros du roman de Robert Heinlein.

    J’étais donc le plus souvent seul dans ma chambre mansardée – ou, plus exactement, mes relations sociales se limitaient à mon élevage de tritons ; et mes conversations ne concernaient que les étoiles que je m’autorisais à tutoyer, à travers la lucarne, dans la mesure où je connaissais leur nom.

    Jusqu’au jour où j’ai ouvert un carton de livres d’un précédent déménagement de mes parents. Les gens qui me connaissent savent que je suis né sous le signe du déménagement ascendant redécouverte de cartons de livres !

    Ce carton-là était empli de romans aux couvertures incroyables avec une petite fusée en bas du dos, jamais tout à fait la même – on s’en rendait bien compte en les alignant ; il y avait aussi des revues aux couvertures tout aussi incroyables, dans un autre genre – Fiction et surtout Galaxie. En les feuilletant, j’ai eu envie de les lire, sans doute à cause des illustrations de Emsh ou Finlay. J’ai alors fait connaissance avec des écrivains comme Robert Sheckley, Clifford Simak, Daniel Galouye, Eric Frank Russell, Alfred Bester, Robert Heinlein, Philip Dick, Fredric Brown, Robert Silverberg, Chad Oliver, Margaret Saint-Clair, Zenna Henderson… on ne peut pas tous les citer ! Ces gens, je n’en doutais pas un seul instant, connaissaient à l’évidence les noms latins des dinosaures et les caractéristiques techniques des satellites !

    Le contenu de ce carton m’a fait entrer en religion – et celle-ci s’appelait Science-Fiction.
Quelques années plus tard, j’ai découvert les écrits des Premiers Prophètes : l’Encyclopédie de la SF, des Voyages Extraordinaires et de l’Utopie de Pierre Versins, le Panorama de la Science-Fiction de Jacques Van Herp et l’Histoire de la SF Moderne de Jacques Sadoul. Je me suis rendu compte que la SF n’était pas une religion mais plutôt une Mythologie Moderne – ce qui est nettement plus intéressant. Et que donc, elle avait ses Héros se répartissant, d’une part, entre les auteurs, certains ayant rang de Demi-Dieu, et, d’autre part, entre de simples mortels ayant tout compris avant les autres !

    La société des enfants ne voulant pas de moi, je me promis alors de faire un jour partie de la société des Héros de la Science-Fiction.

    En attendant, j’étudiais les faits d’armes des grands Héros francophones tels que rapportés par les Premiers Prophètes. Le plus grand des Héros, à l’évidence, fut un certain Régis Messac. Au cours des années trente, il écrivit plusieurs romans mémorables comme La Cité des Asphyxiés ou Quinzinzili ; il dirigea Les Primaires, une revue littéraire indépendante éditée à Issy-les-Moulineaux, dans laquelle il publia des essais sur la Science-Fiction et diverses nouvelles de David H. Keller, alors un pulpster de renom qui contribuait aux beaux jours de revues comme Amazing Stories ; il créa également la première vraie collection de SF : Les Hypermondes. La fin de Régis Messac fut tragique puisqu’il mourut en déportation, en 1944.

    Les années passant, j’entassais des milliers de livres et de revues de SF ; possédant une grande capacité de travail et une mémoire qui impressionne toujours mes amis, je suis devenu un spécialiste de SF.

    Un jour de la fin des années septante, à la Foire à la Brocante qui se tient tous les six mois sur la Place des Quinconces, à Bordeaux, je tombai sur un amoncellement de livres des plus variés, ayant un commun d’être tous marqués d’un numéro tracé à la plume, de la même écriture. Certains étaient par ailleurs ornés d’un ex-libris représentant un lézard avec un nom : Gilbert Sore. Jeu de mots graphique, Sore étant symbolisé par un saurien.

    J’appris par le bouquiniste qu’il avait acheté au poids une bibliothèque de près de quarante mille livres, suite à un décès. Après avoir trié ce qui l’intéressait pour les rayons de sa librairie ancienne, il avait décidé de vendre les autres livres un franc pièce, sur la durée de cette brocante – c’est-à-dire deux semaines – puis de mettre au dépotoir ce qui resterait. Dès le premier coup d’œil, il fut évident que j’allais passer les deux semaines qui s’annonçaient à explorer cet amoncellement car je venais de repérer un des volumes de la légendaire et mythique collection des Hypermondes : La Cité des Asphyxiés, portant en couverture l’ex-libris que je viens de décrire et, en page de faux-titre, la signature de Gilbert Sore. Au cours des deux semaines, je fis l’acquisition de plusieurs centaines de livres, toujours à un franc pièce : des essais politiques libertaires ou très orientés à gauche, de nombreux romans de SF ancienne dont j’avais mémorisé les titres en lisant l’Encyclopédie de Versins mais que je n’avais jamais vus, et puis des œuvres inconnues dont le titre suggérait un rapport avec la conjecture rationnelle ou dont l’auteur m’était par ailleurs connu pour « en avoir écrit ». Entre autres curiosités, je trouvai un exemplaire aux pages non coupées du rarissime pamphlet de Régis Messac A bas le latin !, portant en couverture le numéro 16046 de l’écriture de Gilbert Sore, cet inconnu que j’avais l’impression de connaître peu à peu à travers ses goûts littéraires et ses choix intellectuels.

    Le temps a passé.

    Je suis devenu un professionnel de la Science-Fiction que j’ai servie en tant que bouquiniste, libraire spécialisé, fanéditeur, traducteur, écrivain, directeur de collections, anthologiste, rédacteur en chef de revues, critique, essayiste… comme la plupart des gens, dans ce petit milieu éditorial, j’ai coiffé à peu près toutes les casquettes existantes, à tour de rôle ou parfois en les empilant !
J’ai même fini par travailler de temps en temps à la Maison d’Ailleurs, le seul musée public au monde consacré à la Science-Fiction.

    Il y a trois ans, en août et en septembre, alors que je travaillais à l’Inventaire des fabuleuses possessions de la Maison d’Ailleurs – c’était un mardi – je découvris soudain dans le Compactus, au fond d’une étagère, à ras du sol, une pile de comics anciens jamais triés… qui contenait la tête de collection d’Amazing Fantasy, le comicbook dans lequel est né Spider-Man. La folie ! J’étais en train de reprendre mon souffle quand Patrick Gyger, que je n’avais pas entendu arriver dans le Compactus, s’est approché de moi. Il a attaqué direct :

    « Tu aimes bien parler en public, toi ? »

    Je note un point d’interrogation mais en réalité il s’agissait d’une affirmation.

    « Pas spécialement… mais disons que ça ne me gêne pas. J’ai l’habitude d’être sur scène. »
J’aurais pu préciser : en général avec une guitare. Ou ajouter : ou de faire mon numéro d’intervenant au profil psychologique décalé et aux méthodes pédagogiques alternatives devant les étudiants de l’Ecole d’Ingénieurs des Mines, à Saint-Etienne. En général, ça le fait assez bien !
Patrick a repris :

    « Tu serais partant pour faire le discours d’ouverture des prochaines Utopiales, à Nantes ? J’imagine déjà la tête de certains quand ils apprendront que je t’ai choisi pour cette année.
    - Why not ?
    - Tu me donnes la réponse demain. Cette année, le thème est l’Utopie. Tu n’es pas obligé d’en parler. Tu pourrais par exemple faire un truc sur « Pourquoi la Science-Fiction ? ».
    - OK. Je vais y réfléchir. »

    Le lendemain, j’avais réfléchi. J’ai dit à Patrick que je ferais un discours. Il ne me restait plus qu’à trouver sur quoi.

    Et puis je suis retourné au Compatus.

    Là-dessus est arrivé le samedi, dernier jour – pour cette mission – de mon intervention à la Maison d’Ailleurs. Patrick était parti au Canada. La sémillante Jennyfer, indispensable bras droit du boss, n’était pas là. Philippe, l’archiviste fou avec qui je travaille était parti à un séminaire sur le cinéma muet nord-indonésien – un truc dans le genre… il faut dire que Philippe a un mi-temps à la Maison d’Ailleurs et un autre à la Cinémathèque de Lausanne. J’étais un petit peu déprimé, parce que je venais de découvrir des montagnes de figurines Star Wars de la première série, encore sous blister, et les maquettes géantes des vaisseaux, pleines de poussière… ces trucs pour lesquels les collectionneurs américains sont prêts à tuer père et mère ; et nous, à la Maison d’Ailleurs, on les a en vrac dans un coin du Compactus parce qu’on ne sait pas où les mettre… (j’en profite pour rappeler que, malgré le manque de place, la Maison d’Ailleurs accepte tous les dons en nature – y compris, éventuellement, un nouveau bâtiment quatre fois plus grand).
Et là, ne me demandez pas pourquoi parce que je n’en sais rien, j’ai eu envie – pour me remonter le moral – de faire une pause et de jeter un œil sur la collection de la revue Les Primaires. Vous vous souvenez ? La revue littéraire indépendante dirigée par Régis Messac dans laquelle il avait publié des essais sur la SF et traduit des nouvelles de David H. Keller. J’ai pris toute la pile et je suis remonté dans la bibliothèque pour les feuilleter tranquillement.

    Et soudain ! Vous savez quoi ? Je tombe sur un poème signé… Gilbert Sore ! Je continue de feuilleter page à page tous les numéros… et je tombe sur une pièce de théâtre fantastique du même Gilbert Sore, l’inconnu merveilleux dont j’avais récupéré, vingt-cinq ans plus tôt, une partie de la bibliothèque, le type que j’aurais aimé avoir pour grand-père – ce qui m’en aurait fait trois, parce que j’ai adoré mes grands-pères que je n’aurais échangés pour rien au monde.

    Quand j’ai revu Patrick, je lui ai dit :

    « J’ai mon sujet pour le discours, à Nantes. Je vais parler de Gilbert Sore ».

    Patrick n’a même pas soulevé un sourcil. Il a juste dit : « OK ». Il commence à avoir l’habitude avec moi ; il sait que je ne comprend rien au football et au Tour de France mais que je connais les noms latins pas seulement des dinosaures, mais aussi des plantes médicinales et aromatiques.
J’ai dit : « Je parlerais bien aussi de Jean Linard, tu sais, ce type qui a donné à Versins ces comics des années cinquante que j’ai retrouvés l’autre jour, et dont j’avais entendu parler quand j’étais à Los Angeles, il y a vingt ans, parce que mon histoire avec Jean Linard est encore plus rocambolesque que celle avec Gilbert Sore ! ».

    Patrick a dit :

    « Hum… faudrait pas faire trop long, tout de même. »

    Bon. Alors je parlerai de Jean Linard une autre fois.

    Vous savez quoi ?

    Quand j’étais gamin, je me sentais abominablement seul au monde. A cause de ma différence. J’étais ce que l’on ne nommait pas encore un enfant « surdoué ». J’étais incapable de communiquer avec les gosses de mon âge. Et puis j’ai découvert deux choses : la musique et la Science-Fiction. Avec la première, j’ai compris qu’il n’y avait pas forcément besoin de parler pour séduire les filles. Avec la seconde, j’ai découvert qu’il y avait d’autres personnes comme moi qui, pour échapper un peu au vrai monde où l’on s’ennuie, avaient pris l’habitude de tutoyer les étoiles.
En rencontrant la Science-Fiction, le gosse que j’étais a immédiatement su qu’il ne serait plus jamais seul au monde.

    Je suis certain que c’était pareil pour Gilbert Sore…
Par Cousin Francis - Publié dans : Chic Planète !
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