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Vendredi 23 février 2007
Les Bonnes Recettes du Cousin Francis

Emincé de Foie de Canard aux Quatre Légumes

Préparation & Cuisson : 60 mn.

Ingrédients (pour quatre personnes)

    400 g. de foie de canard du Périgord
    100 g. de petites pommes de terre nouvelles
    100 g. de petites carottes
    100 g. de flageolets
    100 g. de haricots verts très fins
    1 belle gousse d’ail
    2 c. à soupe d’huile d’arachide
    2 c. à café de curcuma
    2 c. à café de piment de Cayenne
    Poivre gris & Sel de Guérande

Recette

    1 – tremper les flageolets puis les cuire dans une eau non salée, réserver.
    2 – cuire à la vapeur pendant environ 30 mn. les pommes de terre, les carottes et les haricots verts, réserver.
    3 – émincer les foies de canard en longues lamelles, poivrer généreusement puis les cuire à feu vif, à l’huile d’arachide, dans une poêle, réserver.
    4 – émincer l’ail en fines lamelles.
    5 – verser un verre d’eau dans un fait-tout, ajouter le curcuma et le piment, porter à ébullition, ajouter l’ail, couvrir, laisser mijoter 5 mn..
    6 – ajouter les légumes, saler, laisser mijoter 5 mn..
    7 – incorporer les foies, laisser mijoter l’ensemble 10 mn..
par Cousin Francis publié dans : Les Bonnes Recettes du Cousin
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Vendredi 23 février 2007
Les Bonnes Recettes du Cousin

Boulettes à l’Indienne


Préparation & Cuisson : 35 mn.

Ingrédients (pour quatre personnes)

    400 g. de viande de bœuf hachée
    1 petite courgette
    1 carotte moyenne
    2 œufs
    1 c. à café de farine de blé
    1 banane pas trop mûre
    4 lamelles de fromage à gratiner
    1 beau brin de menthe
    Poivre gris & Sel de Guérande
    1 mélange de curry à votre convenance

Recette

    1 – cuire la courgette et la carotte à la vapeur (10 mn.).
    2 – mixer la courgette, la carotte, la viande hachée, la banane et le brin de menthe.
    3 – ajouter le sel et le poivre, ainsi que le curry.
    4 – incorporer la farine de blé.
    5 – ajouter les œufs et battre jusqu'à obtention d'un mélange homogène et lisse.
    6 – façonner à la main huit petites galettes de 1 cm. d’épaisseur.
    7 – poser sur chaque galette ½ lamelle de fromage.
    8 – les envelopper individuellement dans des papillotes de papier sulfurisé.
    9 – cuire à la vapeur (10 mn.).

    Servir avec un chutney de mangue

par Cousin Francis publié dans : Les Bonnes Recettes du Cousin
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Mercredi 21 février 2007

POURQUOI LA SCIENCE-FICTION ?



    On dit que tout se joue au cours de l’enfance et c’est sans doute vrai.

    J’ai grandi dans une cité ouvrière à la frontière du Grand Duché du Luxembourg et de la France. Puis j’ai connu l’exil dans une petite ville de province à la frontière du Maine-et-Loire et de la Vendée.

    Enfant, je ne tirais aucune satisfaction de la fréquentation des autres enfants. Je ne comprenais rien à ce qu’ils me racontaient – forcément, je ne connaissais le nom d’aucun joueur de football, d’aucun participant au Tour de France, je ne savais même pas qui avait gagné les Vingt-Quatre Heures du Mans ; et eux ne comprenaient rien à ce que je racontais – forcément, ils ignoraient les noms latins des dinosaures et les caractéristiques techniques des satellites que Russes et Américains lançaient dans l’espace. A n’en pas douter, j’étais un Martien tombé sur Terre – un Etranger en Terre étrangère à la manière de Valentine Michael Smith, le héros du roman de Robert Heinlein.

    J’étais donc le plus souvent seul dans ma chambre mansardée – ou, plus exactement, mes relations sociales se limitaient à mon élevage de tritons ; et mes conversations ne concernaient que les étoiles que je m’autorisais à tutoyer, à travers la lucarne, dans la mesure où je connaissais leur nom.

    Jusqu’au jour où j’ai ouvert un carton de livres d’un précédent déménagement de mes parents. Les gens qui me connaissent savent que je suis né sous le signe du déménagement ascendant redécouverte de cartons de livres !

    Ce carton-là était empli de romans aux couvertures incroyables avec une petite fusée en bas du dos, jamais tout à fait la même – on s’en rendait bien compte en les alignant ; il y avait aussi des revues aux couvertures tout aussi incroyables, dans un autre genre – Fiction et surtout Galaxie. En les feuilletant, j’ai eu envie de les lire, sans doute à cause des illustrations de Emsh ou Finlay. J’ai alors fait connaissance avec des écrivains comme Robert Sheckley, Clifford Simak, Daniel Galouye, Eric Frank Russell, Alfred Bester, Robert Heinlein, Philip Dick, Fredric Brown, Robert Silverberg, Chad Oliver, Margaret Saint-Clair, Zenna Henderson… on ne peut pas tous les citer ! Ces gens, je n’en doutais pas un seul instant, connaissaient à l’évidence les noms latins des dinosaures et les caractéristiques techniques des satellites !

    Le contenu de ce carton m’a fait entrer en religion – et celle-ci s’appelait Science-Fiction.
Quelques années plus tard, j’ai découvert les écrits des Premiers Prophètes : l’Encyclopédie de la SF, des Voyages Extraordinaires et de l’Utopie de Pierre Versins, le Panorama de la Science-Fiction de Jacques Van Herp et l’Histoire de la SF Moderne de Jacques Sadoul. Je me suis rendu compte que la SF n’était pas une religion mais plutôt une Mythologie Moderne – ce qui est nettement plus intéressant. Et que donc, elle avait ses Héros se répartissant, d’une part, entre les auteurs, certains ayant rang de Demi-Dieu, et, d’autre part, entre de simples mortels ayant tout compris avant les autres !

    La société des enfants ne voulant pas de moi, je me promis alors de faire un jour partie de la société des Héros de la Science-Fiction.

    En attendant, j’étudiais les faits d’armes des grands Héros francophones tels que rapportés par les Premiers Prophètes. Le plus grand des Héros, à l’évidence, fut un certain Régis Messac. Au cours des années trente, il écrivit plusieurs romans mémorables comme La Cité des Asphyxiés ou Quinzinzili ; il dirigea Les Primaires, une revue littéraire indépendante éditée à Issy-les-Moulineaux, dans laquelle il publia des essais sur la Science-Fiction et diverses nouvelles de David H. Keller, alors un pulpster de renom qui contribuait aux beaux jours de revues comme Amazing Stories ; il créa également la première vraie collection de SF : Les Hypermondes. La fin de Régis Messac fut tragique puisqu’il mourut en déportation, en 1944.

    Les années passant, j’entassais des milliers de livres et de revues de SF ; possédant une grande capacité de travail et une mémoire qui impressionne toujours mes amis, je suis devenu un spécialiste de SF.

    Un jour de la fin des années septante, à la Foire à la Brocante qui se tient tous les six mois sur la Place des Quinconces, à Bordeaux, je tombai sur un amoncellement de livres des plus variés, ayant un commun d’être tous marqués d’un numéro tracé à la plume, de la même écriture. Certains étaient par ailleurs ornés d’un ex-libris représentant un lézard avec un nom : Gilbert Sore. Jeu de mots graphique, Sore étant symbolisé par un saurien.

    J’appris par le bouquiniste qu’il avait acheté au poids une bibliothèque de près de quarante mille livres, suite à un décès. Après avoir trié ce qui l’intéressait pour les rayons de sa librairie ancienne, il avait décidé de vendre les autres livres un franc pièce, sur la durée de cette brocante – c’est-à-dire deux semaines – puis de mettre au dépotoir ce qui resterait. Dès le premier coup d’œil, il fut évident que j’allais passer les deux semaines qui s’annonçaient à explorer cet amoncellement car je venais de repérer un des volumes de la légendaire et mythique collection des Hypermondes : La Cité des Asphyxiés, portant en couverture l’ex-libris que je viens de décrire et, en page de faux-titre, la signature de Gilbert Sore. Au cours des deux semaines, je fis l’acquisition de plusieurs centaines de livres, toujours à un franc pièce : des essais politiques libertaires ou très orientés à gauche, de nombreux romans de SF ancienne dont j’avais mémorisé les titres en lisant l’Encyclopédie de Versins mais que je n’avais jamais vus, et puis des œuvres inconnues dont le titre suggérait un rapport avec la conjecture rationnelle ou dont l’auteur m’était par ailleurs connu pour « en avoir écrit ». Entre autres curiosités, je trouvai un exemplaire aux pages non coupées du rarissime pamphlet de Régis Messac A bas le latin !, portant en couverture le numéro 16046 de l’écriture de Gilbert Sore, cet inconnu que j’avais l’impression de connaître peu à peu à travers ses goûts littéraires et ses choix intellectuels.

    Le temps a passé.

    Je suis devenu un professionnel de la Science-Fiction que j’ai servie en tant que bouquiniste, libraire spécialisé, fanéditeur, traducteur, écrivain, directeur de collections, anthologiste, rédacteur en chef de revues, critique, essayiste… comme la plupart des gens, dans ce petit milieu éditorial, j’ai coiffé à peu près toutes les casquettes existantes, à tour de rôle ou parfois en les empilant !
J’ai même fini par travailler de temps en temps à la Maison d’Ailleurs, le seul musée public au monde consacré à la Science-Fiction.

    Il y a trois ans, en août et en septembre, alors que je travaillais à l’Inventaire des fabuleuses possessions de la Maison d’Ailleurs – c’était un mardi – je découvris soudain dans le Compactus, au fond d’une étagère, à ras du sol, une pile de comics anciens jamais triés… qui contenait la tête de collection d’Amazing Fantasy, le comicbook dans lequel est né Spider-Man. La folie ! J’étais en train de reprendre mon souffle quand Patrick Gyger, que je n’avais pas entendu arriver dans le Compactus, s’est approché de moi. Il a attaqué direct :

    « Tu aimes bien parler en public, toi ? »

    Je note un point d’interrogation mais en réalité il s’agissait d’une affirmation.

    « Pas spécialement… mais disons que ça ne me gêne pas. J’ai l’habitude d’être sur scène. »
J’aurais pu préciser : en général avec une guitare. Ou ajouter : ou de faire mon numéro d’intervenant au profil psychologique décalé et aux méthodes pédagogiques alternatives devant les étudiants de l’Ecole d’Ingénieurs des Mines, à Saint-Etienne. En général, ça le fait assez bien !
Patrick a repris :

    « Tu serais partant pour faire le discours d’ouverture des prochaines Utopiales, à Nantes ? J’imagine déjà la tête de certains quand ils apprendront que je t’ai choisi pour cette année.
    - Why not ?
    - Tu me donnes la réponse demain. Cette année, le thème est l’Utopie. Tu n’es pas obligé d’en parler. Tu pourrais par exemple faire un truc sur « Pourquoi la Science-Fiction ? ».
    - OK. Je vais y réfléchir. »

    Le lendemain, j’avais réfléchi. J’ai dit à Patrick que je ferais un discours. Il ne me restait plus qu’à trouver sur quoi.

    Et puis je suis retourné au Compatus.

    Là-dessus est arrivé le samedi, dernier jour – pour cette mission – de mon intervention à la Maison d’Ailleurs. Patrick était parti au Canada. La sémillante Jennyfer, indispensable bras droit du boss, n’était pas là. Philippe, l’archiviste fou avec qui je travaille était parti à un séminaire sur le cinéma muet nord-indonésien – un truc dans le genre… il faut dire que Philippe a un mi-temps à la Maison d’Ailleurs et un autre à la Cinémathèque de Lausanne. J’étais un petit peu déprimé, parce que je venais de découvrir des montagnes de figurines Star Wars de la première série, encore sous blister, et les maquettes géantes des vaisseaux, pleines de poussière… ces trucs pour lesquels les collectionneurs américains sont prêts à tuer père et mère ; et nous, à la Maison d’Ailleurs, on les a en vrac dans un coin du Compactus parce qu’on ne sait pas où les mettre… (j’en profite pour rappeler que, malgré le manque de place, la Maison d’Ailleurs accepte tous les dons en nature – y compris, éventuellement, un nouveau bâtiment quatre fois plus grand).
Et là, ne me demandez pas pourquoi parce que je n’en sais rien, j’ai eu envie – pour me remonter le moral – de faire une pause et de jeter un œil sur la collection de la revue Les Primaires. Vous vous souvenez ? La revue littéraire indépendante dirigée par Régis Messac dans laquelle il avait publié des essais sur la SF et traduit des nouvelles de David H. Keller. J’ai pris toute la pile et je suis remonté dans la bibliothèque pour les feuilleter tranquillement.

    Et soudain ! Vous savez quoi ? Je tombe sur un poème signé… Gilbert Sore ! Je continue de feuilleter page à page tous les numéros… et je tombe sur une pièce de théâtre fantastique du même Gilbert Sore, l’inconnu merveilleux dont j’avais récupéré, vingt-cinq ans plus tôt, une partie de la bibliothèque, le type que j’aurais aimé avoir pour grand-père – ce qui m’en aurait fait trois, parce que j’ai adoré mes grands-pères que je n’aurais échangés pour rien au monde.

    Quand j’ai revu Patrick, je lui ai dit :

    « J’ai mon sujet pour le discours, à Nantes. Je vais parler de Gilbert Sore ».

    Patrick n’a même pas soulevé un sourcil. Il a juste dit : « OK ». Il commence à avoir l’habitude avec moi ; il sait que je ne comprend rien au football et au Tour de France mais que je connais les noms latins pas seulement des dinosaures, mais aussi des plantes médicinales et aromatiques.
J’ai dit : « Je parlerais bien aussi de Jean Linard, tu sais, ce type qui a donné à Versins ces comics des années cinquante que j’ai retrouvés l’autre jour, et dont j’avais entendu parler quand j’étais à Los Angeles, il y a vingt ans, parce que mon histoire avec Jean Linard est encore plus rocambolesque que celle avec Gilbert Sore ! ».

    Patrick a dit :

    « Hum… faudrait pas faire trop long, tout de même. »

    Bon. Alors je parlerai de Jean Linard une autre fois.

    Vous savez quoi ?

    Quand j’étais gamin, je me sentais abominablement seul au monde. A cause de ma différence. J’étais ce que l’on ne nommait pas encore un enfant « surdoué ». J’étais incapable de communiquer avec les gosses de mon âge. Et puis j’ai découvert deux choses : la musique et la Science-Fiction. Avec la première, j’ai compris qu’il n’y avait pas forcément besoin de parler pour séduire les filles. Avec la seconde, j’ai découvert qu’il y avait d’autres personnes comme moi qui, pour échapper un peu au vrai monde où l’on s’ennuie, avaient pris l’habitude de tutoyer les étoiles.
En rencontrant la Science-Fiction, le gosse que j’étais a immédiatement su qu’il ne serait plus jamais seul au monde.

    Je suis certain que c’était pareil pour Gilbert Sore…
par Cousin Francis publié dans : Chic Planète !
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Mardi 20 février 2007
Les Arbres d'Ici...

LE MICOCOULIER DE PROVENCE



    Le Micocoulier de Provence (Celtis australis) appartient à la grande famille des Ulmacées qui comprend quelques 2000 espèces d’arbres et d’arbustes, en particulier l’ensemble des Ulmus (Ormes) et celui des Celtis.

    Tandis que les ormes prospèrent plutôt dans les régions septentrionales fraîches, les celtis préfèrent les climats plus chauds.

    Il existe plus de soixante-dix espèces de micocouliers qui appartiennent tous à l’ensemble des « Celtis », un nom scientifique qui vient de la dénomination antique des arbres à fruits sucrés.

    Cela étant, seuls les fruits du Micocoulier de Provence – les micocoules – sont sucrés et figurent dans l’alimentation des hommes depuis l’aube des temps : lors de fouilles sur des sites d’habitat néolithique, au Sahara, on a retrouvé des amoncellements de noyaux de micocoules !


Le Micocoulier de Provence

    Comme son nom familier le suggère, le Micocoulier de Provence pousse à l’état naturel dans l’Europe du sud et, en particulier, sur tout le pourtour méditerranéen.

    Arbre méridional par excellence, il doit son nom au provençal. En Occitan, on l’appelle encore « micocolièr » –  lorsqu’il s’agit d’un sujet particulièrement important, on féminise le mot en « micocolièra », suivant une pratique courante dans cette langue. Dans certaines régions, on le nomme également « falabréguier ».

    Dans de bonnes conditions, cet arbre peut vivre jusqu’à cinq cents ans et atteindre une hauteur d’une vingtaine de mètres. Le fût de son tronc peut dépasser un diamètre d’un mètre. Sa croissance est rapide au cours de ses premières années.

    Il n’est pas très exigeant et se développe bien dans un sol ingrat, pourvu que celui-ci soit profond et bien drainé. Ainsi, en Provence, le micocoulier est assez commun sur les bords des chemins et des routes, dans les buissons, sur les garrigues. Par ailleurs, il résiste bien à la pollution, aussi l’utilise-t-on en urbanisme pour tracer des alignements ou comme arbre d’ornement.

    Par contre, le micocoulier craint les gelées et on le rencontre très rarement au-dessus de 900 m. d’altitude.

    C’est un arbre qui a besoin de lumière et de chaleur, mais aussi de périodes de relative fraîcheur. Mal exposé ou soumis à des conditions climatiques inadéquates, il se développe mal et ne dépasse pas la taille d’un arbrisseau.

Reconnaître le Micocoulier de Provence

    Le micocoulier est un arbre au port étalé à arrondi.

    Son tronc est lisse mais devient parfois cannelé avec l’âge, avec quelques pustules et protubérances. De couleur gris cendré, son écorce est fine et ressemble assez à celle du hêtre.
Le feuillage du Micocoulier de Provence est caduc et devient jaune en automne – il est à noter que certaines espèces de micocouliers poussant dans les zones tropicales sont à feuillage persistant. Les feuilles sont simples, alternées, elliptiques et légèrement asymétriques à la base. Leur structure veineuse est bien caractéristique : de la base de la feuille, près de l’emplacement du pétiole, partent trois veines principales. Dentées et rugueuses sur le dessus, elles peuvent faire penser aux feuilles de l’orme mais elles sont moins larges et plus finement allongées. Au toucher, elles se révèlent d’une certaine rigidité bien que n’étant pas spécialement épaisses

    A la fois mâles et femelles, les fleurs à stigmates proéminents sont petites et dépourvues de pétales. Verdâtres, elles apparaissent en mai et pendent, généralement par groupes de six, à l’extrémité de longs pédoncules. On observe parfois des fleurs mâles séparées.

    D’un diamètre d’un centimètre environ, le fruit du micocoulier ressemble à la fois à une petite cerise, pour sa forme sphérique, et à un petite olive, pour sa couleur. C’est une drupe – c’est-à-dire que le noyau est presque aussi gros que le fruit – qui persiste sur l’arbre après la chute des feuilles. Au départ de couleur jaune, les micocoules arrivent à maturité en septembre ou octobre – sous leur peau alors devenue d’un violet noirâtre se dissimule un peu de pulpe au goût sucré.


Une utilisation des plus variées

    Le bois du Micocoulier de Provence est assez lourd, à la fois souple et résistant. On s’en est longtemps servi pour fabriquer des objets aussi divers que des cannes à pêche, traverses de chemin de fer, baguettes de fusil, manches d’outils, rames de bateau, instruments de musique à vent (en particulier des flûtes).

    Comme on peut aisément le tresser, il était utilisé pour confectionner des fouets et des cravaches. Les Pyrénées Orientales s’étaient d’ailleurs fait une spécialité dans ce domaine. Jusqu’aux années 1930, le micocoulier a été largement cultivé jusque sur les pentes du Canigou ainsi que dans la haute vallée du Tech. On le désignait alors sous le nom de bois de Perpignan – le « Perpignan » étant le nom donné aux manches de fouet des charretiers, fabriqués dans la région depuis le treizième siècle, et d’une qualité bien supérieure à celles des fouets en faisceaux de branches de hêtre.

    Dans le Gard, on confectionnait également des fourches entièrement en bois de micocoulier destinées à la fenaison. Le processus de fabrication nécessitait une taille spéciale de l’arbre qui était coupé encore jeune, suivie d’une mise en forme définitive de la fourche en passant le manche à la vapeur.

    La mécanisation de l’agriculture a peu à peu fait disparaître ces activités semi-artisanales.
Cela étant, on fabrique toujours des fourches en micocoulier mais pour la décoration intérieure. Plus significatif, la fabrication de cravaches a été relancée dans les Pyrénées Orientales. En 1981, le Centre d’Aide au Travail de la commune de Sorède décide, en effet, de faire revivre l’artisanat du fouet, le considérant comme une partie intégrante du patrimoine catalan. Utilisant le bois d’une micocouleraie de 150 hectares, les handicapés de ce centre fabriquent désormais des fouets et des cravaches de haut de gamme, en particulier pour la marque Hermès.

    Bois de chauffage, il est aussi transformé en un excellent charbon de bois, par un procédé de carbonisation entre 300 et 400 degrés.

    Astringents, les feuilles et les jeunes pousses de micocoulier sont utilisées en pharmacopée dans le traitement des diarrhées, tandis que l’écorce et les racines sont utilisées, depuis l’époque de la Gaule antique, pour produire une teinture jaune. Comme pour son cousin l’orme, les feuilles du micocoulier présentent d’intéressantes qualités fourragères.

    La multiplication du micocoulier se fait par semis, en octobre, par greffe et par bouturage. Dans la nature, il se propage facilement à partir de ses souches et produit également des drageons : des pousses sortant de la racine d’un arbre.

    Selon des textes anciens, l’usage était de cultiver à son pied des petits pois, pommes de terre et fèves.


Cousins d’Amérique et d’ailleurs

    Celtis australis possède plusieurs cousins en Amérique dont le Micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis), le Micocoulier du Mississippi (Celtis laevigata) et Celtis tenuifolia.

    Le Micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis) est originaire de l’est des Etats-Unis. Il se différencie de notre micocoulier provençal par ses feuilles, également dentées et asymétriques à la base, mais nettement plus petites. Son écorce est sombre et marquée de profonds sillons, voire crevassée. Il dépasse rarement une douzaine de mètres de hauteur.

    Cet arbre s’adapte à différents types de sol mais sa préférence va aux sols frais et profonds. On le cultive aux Etats-Unis depuis 1636 et il occupe désormais un vaste territoire s’étendant au nord-est jusqu’à la Pennsylvanie, au sud-est à la Caroline du Nord et, au sud en Alabama et à l’est au Kansas. Les noyaux présents dans les excréments d’oiseaux migrateurs, ont permis sa propagation vers le nord, très au-delà de la région des Grands Lacs, jusqu’aux provinces canadiennes frontalières du Québec, de l’Ontario et du Manitoba.

    Si la dispersion de ses graines par les oiseaux et les petits mammifères reste le principal mode de reproduction du micocoulier occidental, mais il peut également, comme son cousin européen, se reproduire par rejet.

    Il peut se reproduire par rejet de souche et par la dispersion de ses graines. En effet, comme les oiseaux et les petits mammifères raffolent de son fruit, ils sèment ses graines un peu partout.

    Le Micocoulier du Mississippi (Celtis laevigata) peut atteindre une hauteur de 25 m., soit le double de celle du Micocoulier de Virginie. Avec l’âge, son écorce se couvre de petites excroissances. Rouge orangé à violet, son fruit est nettement plus petit que celui du micocoulier de Provence.

    Celtis tenuifolia est, quant à lui, originaire du Sud-est des Etats-Unis et ne dépasse pas 10 m. de haut.

    En Afrique du sud, les forêts côtières de la région du Cap sont le territoire du Micocoulier d’Afrique (Celtis africana). C’est un arbre majestueux au port dense, qui peut aisément atteindre 30 m. de hauteur.

    Son écorce lisse est d’un gris argenté, tacheté de blanc. Son feuillage vert clair est caduc, ses feuilles ovales et dentelée. La floraison intervient au printemps : de petites fleurs bisexuées, dépourvues de pétales, apparaissent alors à l’aisselle des feuilles. Les fruits arrivent à maturité en juillet/août et sont alors de couleur orangée.

    Celtis africana se multiplie par semis en automne, greffe ou bouture. La plantation peut se faire à l’automne ou au printemps. Comme la plupart des micocouliers, il sait s’adapter à diverses natures de sol – acide, neutre ou alcalin – pourvu que celui-ci soit bien profond et bien drainé. Il aime le plein soleil mais se développe également à la mi-ombre.

    Celtis Africana est une espèce recherchée par les collectionneurs de bonzaï.

    Ce rapide tour d’horizon des Celtis serait incomplet si l’on citait pas quelques micocouliers d’Asie comme Celtis bungeana ou Celtis sinensis. Ce dernier prospère en Chine, Corée et Japon. Il peut atteindre 20 m. de hauteur et son feuillage d’un vert sombre brillant est caduc ou semi-caduc, selon les conditions locales.

    Enfin le Micocoulier d’Australie, s’il est un arbre sacré pour les aborigènes, porte le surnom de White Stinkwood à cause l’odeur désagréable que dégage son bois de couleur jaune.

                                                                                le cousin
par Cousin Francis publié dans : Les Arbres du Cousin
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Lundi 19 février 2007
L’Agenda du Cousin

Fraises et Topinambours

(Dimanche 18 février 2007)


    Ce qui est formidable avec les nœuds lunaires, c’est que les jours où le phénomène advient il est de la plus extrême importance de… ne rien faire – s’entend : au jardin. Chic planète ! Nulle contre-indication toutefois à prendre ces jours-là sa plus belle plume pour donner quelques nouvelles à ses amis. Alors voilà : avec les beaux jours les affaires reprennent. La semaine qui vient de s’écouler fut donc fort chargée tant aux champs qu’à la maison.

    Il a d’abord fallu s’occuper des fraisiers…

    L’an passé, j’avais acquis une dizaine de pieds d’une variété remontante nommée Gento dont on m’avait vanté la saveur. Cinq furent plantés en bordure d’un carré où végète un pied d’Angélique – quel que soit l’endroit du Domaine où je plante ou sème de l’Angélique, celle-ci végète : va savoir pourquoi ? J’ai d’ailleurs les mêmes difficultés avec la rhubarbe. Mais revenons à nos fraisiers : les cinq autres plants trouvèrent une petite place auprès de pieds de tomate cerise.

    On conseille, la première année, de ne pas laisser se développer des stolons, afin de ne pas nuire à la productivité des fraisiers. Ce concept, on ne s’en étonnera pas, ne faisant pas partie de mon univers mental (producti-comment déjà ?), je laissai si l’on peut dire les stolons stolonner à satiété. Ils s’empressèrent de courir dans tous les sens et à toute allure, s’enracinant ça et là. Résultat de mon supposé non respect des consignes élémentaires : mes fraises furent délicieuses et leur rendement proprement incroyable près de six mois durant. Et alors que le printemps pointe son nez de fort bonne heure, je dénombre plus de huitante nouveaux fraisiers parfaitement enracinés et au collet déjà bien garni de nouvelles pousses – il doit en fait y en avoir beaucoup plus car ils sont, en certains endroits, si serrés que j’ai compté un pour des paires voire des triplettes. Conclusion : soyez des rebelles et jardinez comme vous le sentez !

    A l’automne, le Paou – ainsi surnomme-t-on en famille le Sénéchal du Domaine – avait eu l’excellente idée de bricoler une sorte d’espalier constitué de trois gouttières de récupération, longues de six mètres, fixées l’une en surplomb de l’autre, en encorbellement pourrait-on dire, sur des tréteaux de bois bien solides – l’ensemble savamment orienté plein sud. A l’intention de ceux de mes lecteurs au fait de la topographie du Domaine, je préciserai l’endroit : contre le muret extérieur de la serre, près du grand figuier. Les autres imagineront – dans l’attente de venir me visiter un de ces jours, ne serait-ce que pour goûter mes confitures (ceci à l’intention du lecteur gourmand qui me demandait, en commentaire d’un de mes petits articles, quand c’est-y qu’on goûtera les p’tites confiotes du cousin ? C’est quand tu veux, mon gars !).

    Sur ce, ces dix-huit mètres linéaires furent emplis d’un bon terreau, bien putréfié, dans lequel je plantai derechef quarante-cinq plants de fraisiers. Que de travail ! Car il fallut les récupérer un à un au sein d’un incroyable emberlificotage de stolons encore fort résistants. Du coup, ajoutés aux anciens plants et aux rejetons laissés en place, je me retrouve à la tête d’une plantation de quelque cent plants de fraisiers. C’est Byzance. De quoi s’en faire péter par avance la sous-ventrière ! L’été s’annonce pantagruélique !

    Mercredi, foutre météo, fut jour de tempête – elle s'avéra toutefois moins forte qu’annoncée, loué soit le Lard car les dix jours de neige de janvier ont fait d’énormes dégâts sur les arbres, en particulier les persistants. Il va falloir la semaine prochaine manier ferme la tronçonneuse pour débiter tout ce qui a été cassé. Le même jour, je fis un aller et retour à Bordeaux, histoire de visiter mon imprimeur pour y réimprimer quelques albums et y avancer le tirage des prochains Mélanges – j’en suis aux trois cinquièmes, ça devient bon ! Mais l’argent manque pour terminer l’impression. C’est que j’ai du payer mes charges sociales…

    Samedi (hier) : Nouvelle Lune. Nous avons eu de la visite : un ami d’enfance et sa petite famille, de retour des sports d’hiver et de passage, direction Cholet, Maine-et-Loire, capitale du mouchoir. Levé de bonne heure pour aller déterrer des topinambours – à l’air libre, la topine s’oxyde à toute allure, il convient de la cuisiner aussi fraîche que possible. Deux pieds m’ont fourni trois bons kilos de beaux tubercules. Dix minutes pour déterrer tout cela, mais une bonne heure pour le nettoyage et l’épluchage. Puis il a fallu commencer à les cuire à l’eau salée avant de les terminer à la sauteuse. Servies avec un petit Côtes-du-Rhône Villages, mes topines furent épatantes.

    Une nouvelle semaine s’annonce au cours de laquelle je vais commencer mes semis : tomates, poivrons, piments, basilic, persil…

    A tout bientôt.

                                                              le cousin.
par Cousin Francis publié dans : L'Agenda du Cousin
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